Démocratie : la voie européenne

mardi 9 mars 2010, par Justine Lacroix, Thierry Chopin

Thèmes : démocratie | Europe

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Référence : Dossier publié dans Raison publique, n°7, octobre 2007, pp. 11-179.

Le double « non » français et néerlandais du printemps 2005 a jeté une lumière crue sur l’érosion du « consensus permissif » [1]dont avait longtemps bénéficié le processus d’intégration entre les pays du vieux continent. Le désarroi qui caractérise aujourd’hui, non pas tant le fonctionnement des institutions communautaires, mais bien le sens du projet européen lui-même a, depuis, fait l’objet d’un large travail d’interprétation. Plusieurs éléments d’explications ont été avancés dont l’incertitude quant aux modèles économiques et sociaux dans certains États membres dans un contexte de mondialisation de l’économie et de mise en question de l’État-providence ou le développement d’interrogations identitaires sur la nature même de l’« Europe » élargie. Mais, ces différentes interprétations ne fournissent qu’une lecture partielle et inachevée de la situation européenne actuelle. On doit y ajouter le sentiment, éprouvé par un nombre grandissant de citoyens, de n’avoir aucune prise – directe ou indirecte – non seulement sur les décisions prises au quotidien par l’Union, mais aussi, et peut-être surtout sur les orientations d’ensemble assignées à la construction européenne.

C’est pourquoi le mal-être européen tient d’abord et avant tout à un déficit de légitimité démocratique, c’est-à-dire à une crise de justification liée aussi au « manque de sens » du projet européen. Comment renouer le double fil de la confiance et de la motivation, conditions préalables pour penser la poursuite de cette aventure unique qu’est la construction de l’Union européenne ? Telle est l’interrogation qui traverse ce dossier de Raison publique, organisé, à partir de la contribution de Jean-Marc Ferry, autour de deux axes. Une première série de contributions mobilise la théorie politique, classique et contemporaine, en vue de renouveler l’interrogation sur plusieurs notions situées au cœur de la démocratie moderne – qu’il s’agisse de la souveraineté populaire ou de la citoyenneté ou de l’épineux concept d’identité. Un second ensemble de textes vise à apporter des éléments de réponse concrets aux difficultés du jour notamment en identifiant différentes modalités de démocratisation et de politisation de l’Union et en réévaluant les canaux de la participation démocratique.

Dossier coordonné par Justine Lacroix et Thierry Chopin

- Jean-Marc Ferry : "Dépasser le « malaise européen » : la voie cosmopolitique de l’intégration européenne"

I. Théorie politique

- Étienne Tassin : "L’Europe cosmopolitique et la citoyenneté du monde"
- Kalypso Nicolaïdis et Janie Pélabay :"Comment raconter l’Europe tout en prenant la diversité narrative au sérieux ?"
- Jan-Werner Muller : "L’ordre publique européen : retour sur la question du patriotisme constitutionnel européen"
- Paul Magnette : "Comment peut-on être européen ?"

II. Réponses pratiques

- Thierry Chopin : "La crise de légimité de l’Union européenne"
- Loukas Tsoukalis : "Une Europe plus politique"
- Francis Cheneval : "Projet de démocratie perpétuelle : ratification des traités et démocratie directe en l’Union européenne "
- Yves Bertoncini : "Union européenne : le défi de la réversibilité"

par Justine Lacroix, Thierry Chopin

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Pour citer cet article :

Notes

[1] Expression par laquelle on désigne le fait que le grand public consent aux avancées vers une intégration portée par les élites sans pour autant les réclamer ouvertement.

 

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