Raison publique n° 12

1/ La Sagesse collective - 2/ Figures et figuration du pouvoir politique


Date de parution : mai 2010

Presses de l’Université Paris-Sorbonne
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432 p.
ISBN : 978-2-84050-691-1
Prix : 14 Euros

Numéro téléchargeable dans son intégralité, en cliquant ici.

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La Sagesse Collective

Dossier coordonné par Hélène Landemore et Jon Elster

Un groupe de citoyens ordinaires, sans compétence particulière, est-il capable de prendre de meilleures décisions qu’un petit groupe d’experts ? La folie des foules redoutée par Le Bon ou Schumpeter ne peut-elle pas, sous certaines conditions, céder la place à une sagesse des grands nombres ? Quels mécanismes permettent de décrire le fonctionnement de la sagesse des foules ? Sous quelles conditions donne-t-elle les meilleurs résultats ?

Telles sont les questions qui forment le cœur de ce dossier consacré à la sagesse collective, issu d’un colloque organisé en mai 2008 au Collège de France par Jon Elster et Hélène Landemore.

Si la compétence des experts est un ingrédient important d’une bonne décision collective, de récents travaux tendent à souligner l’importance au moins aussi grande de la diversité cognitive : c’est la variété de points de vue, même limités, sur une question donnée qui fait la qualité de la décision globale.

Cette controverse sur la sagesse ou la folie des foules traverse la philosophie politique parce qu’il touche du doigt un des principaux arguments en faveur de la démocratie : depuis le fameux débat qui opposait Aristote à Platon sur la sagesse respective des profanes et des experts, la question se pose de savoir si l’on peut défendre la démocratie non seulement pour des raisons de principe, mais également pour des raisons instrumentales. En d’autres termes, la sagesse collective ne fournit-elle pas un argument en faveur de la supériorité des décisions qui se prennent en démocratie ?

Sommaire du dossier

Hélène Landemore : La raison démocratique : les mécanismes de l’intelligence collective en politique

Bryan Caplan : Le Mythe de l’électeur rationnel et la théorie politique

Gerry Mackie : Au-delà de l’ignorance rationnelle

Jon Elster : L’ingénierie optimale d’une assemblée constituante

Adrian Vermeule : Sagesse collective et construction des institutions

Philippe Urfalino : Sanior pars et Maior pars dans les aréopages contemporains. Le cas des comités d’évaluation des médicaments en France et aux États-Unis

En complément de ce dossier, ont été également publiées sur le site de Raison publique, les contributions de : Christian List, Lu Hong & Scott E. Page, John Ferejohn, Josiah Ober et David Estlund. Pour y accéder


Figures et figurations du pouvoir politique

Dossier coordonné par Sylvie Servoise

Si la réflexion sur le pouvoir est au centre de la philosophie politique, elle constitue également un enjeu fort de la littérature et des arts : et le titre du présent dossier, qui met en avant les « figures et figurations » du pouvoir politique, ne saurait renvoyer à une quelconque opposition entre réflexion et mise en forme. Au contraire, la représentation du pouvoir politique – dans le roman, le théâtre, le cinéma, les arts plastiques – est inséparable d’un questionnement sur l’essence de ce pouvoir, ses modalités pratiques d’affirmation et les conséquences de son déploiement à l’échelle individuelle et collective. Pour reprendre Sartre et élargir son propos au discours tenu par les images, si représenter « c’est agir », puisque « toute chose que l’on nomme » – ou représente - « n’est déjà plus tout à fait la même » au sens où « elle a perdu son innocence[Jean-Paul Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? (1948), Paris, Gallimard, « Folio essais », 2001, p. 27.] », alors cette force de dévoilement devrait atteindre son acmé quand l’objet saisi est le pouvoir politique.

Car qu’est-ce que ce pouvoir sinon précisément celui qui est à la fois invisible et omniprésent, nourrissant les fantasmes – ou les sinistres réalités – d’un pouvoir occulte et par ailleurs enclin à donner des représentations de lui-même ? De fait, le pouvoir politique est autant organisateur et régulateur de l’espace public (et, de manière plus ou moins forte selon sa nature, de l’espace privé) que metteur en scène de lui-même. Figurer le pouvoir politique, c’est alors tantôt ou à la fois dévoiler son mécanisme, s’introduire dans les coulisses, donner à voir le spectacle qu’il offre, mais aussi interroger le statut de tous ceux qui contribuent ou assistent au lever de rideau : acteurs (ou pantins), spectateurs (engagés ou non ; au parterre ou au paradis), scénaristes plus ou moins inspirés. Et sans doute ne serait-il pas absurde de réserver à l’artiste, pour filer la métaphore, le rôle d’éclairagiste, qui met en lumière, sous un angle particulier, ces divers espaces et individus.

Sommaire du dossier

Jean-Michel Wittmann : Aux sources d’un imaginaire réactionnaire. Figurer le pouvoir politique décadent, de Barrès à Drieu la Rochelle

Aurore Peyroles : U.S.A. de John Dos Passos : démystification et refondation du rêve politique américain

Gabrielle Napoli : Les spécificités du pouvoir politique figuré par l’enfant : Le Roi blanc de György Dragomán et Le Grand Cahier d’Agota Kristof

Benoît Doyon-Gosselin & David Bélanger : Ironie du pouvoir et pouvoir de l’ironie dans L’année de la mort de Ricardo Reis de José Saramago

Caroline Juillot : Le Grand Inquisiteur, figure du pouvoir contemporain

Isabelle Ligier-Degauque : Combattre les « forces obscures » du naturalisme : les vertus du simulacre pour mettre en scène le pouvoir politique (Ghelderode, Genet et Py)

Éric Nuevo : La représentation du président américain à Hollywood : l’image troublée d’un leader, d’Abraham Lincoln à George W. Bush

Estelle Bayon : (Dés)ordre : corps ordinaires et figures politiques dans Les Harmonies Werckmeister de Béla Tarr

En complément de ce dossier, ont été également publiées sur le site de Raison publique, les contributions de : Hélène Jaccomard, Emmanuelle Glon, Natalia Leclerc, Alexandre Wong, Jérémy Mahut, Emilie Sitzia, Erika Thomas et Pierre-Simon Gutman. Pour y accéder.


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Critiques

Serge Champeau : L’avenir du libéralisme aux États-Unis et en Europe. – À propos de : Alan Wolfe, The Future of Liberalism

Giulia Pozzi : Entre procédure et droits, quel critère de la démocratie ? – À propos de : Corey Brettschneider, Les Droits du peuple

Thibaud Zuppinger : L’éthique face à la complexité de l’existence – À propos de : Kwane Anthony Appiah, Experiments in Ethics

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