La Littérature de jeunesse : une école de la vie ? (appel à contributions)


Date de parution : janvier 2010

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Pour la rubrique « Littérature, arts et culture »

La fonction éducative, informative et pédagogique de la littérature jeunesse est indéniable. Longtemps, celle-ci a servi à l’éducation « morale » des enfants et des adolescents, se composant presque exclusivement de récits instructifs et c’est paradoxalement dans la littérature pour adultes que les plus jeunes trouvaient à s’émerveiller. Si aujourd’hui la littérature pour la jeunesse s’est affranchie de ces impératifs moraux et, en bonne part, idéologiques, elle reste toutefois soumise à la loi du 16 juillet 1949, dont l’article 2, modifié en 1954, stipule que publications destinées à la jeunesse « ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques ». Ce qui se dit ici, c’est que l’auteur pour la jeunesse est avant tout un adulte qui s’adresse non pas à son égal mais à un être en devenir et, qu’en ce sens, il est toujours responsable. Le dossier intitulé « La littérature de jeunesse : une école de vie ? » se veut une interrogation sur les enjeux et modalités de cet exercice de responsabilité, de l’album de jeunesse au roman pour adolescents ou « jeunes adultes », français comme étranger. Plusieurs pistes de réflexion sont envisageables, dont on ne donnera ici que quelques exemples :

1) Littérature de jeunesse et apprentissage :

Comment les auteurs et illustrateurs jeunesse conçoivent-ils leur rôle de « passeur » d’expérience ? Si l’expression d’ « aider à grandir » apparaît souvent dans leur bouche, on peut se demander à quoi elle renvoie exactement : aux apprentissages fondamentaux, et plus particulièrement la lecture ? A une initiation aux mécanismes et arcanes du texte littéraire ?

2) Littérature de jeunesse et valeurs
- La littérature de jeunesse, même destinée aux plus jeunes, est porteuse de questionnements d’ordre éthique, accompagnant le lecteur dans sa découverte du monde, de l’Autre ou de lui-même : mais comment s’opère la transmission des valeurs aux plus jeunes ?
- Parce qu’elle tombe sous le coup d’une législation spécifique, la littérature de jeunesse est-elle pour autant interdite de transgression ?

3) La société contemporaine au miroir de la littérature de jeunesse
- Un certain nombre de livres pour la jeunesse – et notamment le roman pour adolescents – inscrivent la question sociale, politique et historique au cœur des textes. Que nous dit alors la littérature de jeunesse sur la société contemporaine et, en retour, quelle représentation de la société est donnée à lire aux plus jeunes, appelés à construire la société de demain ?
- Si la question sociale est très présente dans la production contemporaine, peut-on pour autant parler d’engagement politique de la part des écrivains pour la jeunesse ? Y a-t-il un engagement dans cette littérature au-delà de la défense de causes « politiquement correctes » ?

4) Littérature de jeunesse et respect de la sensibilité du jeune lecteur Comment informer sans décourager, effrayer le jeune lecteur ? Ce questionnement appelle des études portant aussi bien sur les thèmes traités ou exclus (censure/autocensure de la part des écrivains) que sur l’écriture, de nombreux auteurs pour la jeunesse arguant qu’on peut tout dire aux enfants et aux adolescents, mais pas n’importe comment.

Les propositions d’articles devront être adressées à Sylvie Servoise (sylvie_servoise@hotmail.com) pour le 30 janvier 2010, avant d’être transmises au comité de lecture de la rédaction pour évaluation. Des propositions détaillées, d’au moins 5000 signes (espaces compris), sont attendues. La remise définitive des articles est prévue pour le 15 mars 2010. Afin de permettre un traitement plus rapide des manuscrits, merci de joindre, sur un feuillet distinct, une brève présentation biographique de l’auteur et ses coordonnées.

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