Grammaire de la vulnérabilité (appel à contributions)


Date de parution : mars 2010

Version imprimable fontsizeup fontsizedown

DOSSIER : Grammaire de la vulnérabilité
Coordonné par Marie Gaille et Sandra Laugier

Calendrier :
1) Remise d’une proposition argumentée (3 000 signes) : 1er mars 2010
2) Remise des contributions définitives (40 000 signes maximum) : 30 juin 2010

Présentation de l’appel à contributions

La vulnérabilité est une notion qui a acquis une certaine fortune ces dernières années dans le champ de la réflexion d’abord morale, puis politique, souvent associée à d’autres notions comme celle de dépendance, de faiblesse ou de fragilité. Elle a d’abord été employée dans une perspective normative : il y aurait un catégorie de « vulnérables » – des humains à qui nous devrions une attention spécifique et que nous négligeons habituellement. Elle semble également avoir un sens descriptif, renvoyant alors à l’idée d’une condition humaine (« condition originelle ») à « reconnaître » : nous sommes tous vulnérables, et c’est cette dimension qu’il faut accepter, en rupture avec les différents impératifs moraux qui constituent la morale classique et la théorie de la justice – notamment, autonomie et impartialité.

On voudrait ici proposer un questionnement de cette notion et de ses usages et un dépassement de cette approche « humaine » (et sociale) de la vulnérabilité : il semble assez naturel de parler de vulnérabilité aussi, par exemple, pour le vivant et l’environnement. L’homme, mais aussi l’animal et la nature sont perçus comme « vulnérables ». Mais quel est alors le sens de la vulnérabilité ? S’agit-il d’une extension de la vulnérabilité proprement humaine, qui resterait alors la référence ? Ou s’agit-il de l’exploration d’une vulnérabilité plus radicale, qui serait celle de la nature, voire du réel ? Une analyse conceptuelle, qui examinera les usages et applications du terme, permettra peut-être de rendre compte des possibilités et difficultés de l’extension de cette notion, et de répondre aux défis de la véritable reconnaissance de la vulnérabilité comme concept épistémologique central.

Au-delà de cette nécessaire analyse conceptuelle, voire grammaticale, on pourra analyser concrètement les modifications dans la perception des relations (d’un humain à un autre, d’un humain à un animal, à la nature) qu’impliquerait la prise en compte d’une telle vulnérabilité, et on pourra aussi examiner les normes morales, politiques et juridiques qu’elle suggère de formuler et de prescrire. Dans cette perspective, il importe de tenir compte que la vulnérabilité ne suscite pas seulement le soin et l’attention, mais aussi la violence, l’agression et la maltraitance et d’analyser aussi cette face noire de la réponse à la vulnérabilité.

Enfin, on pourrait éclairer aussi la portée et les limites d’un tel usage : que dit la notion de vulnérabilité mieux ou autrement que des notions voisines et plus spécifiques – fragilité, faiblesse, dépendance ? En voulant en faire une dimension ou condition première, ne risque-t-on de faire de la vulnérabilité un double inversé des notions qu’elle devait dépasser ? Traite-t-on différemment la vulnérabilité perçue comme résultat d’une fragilité ontologique et celle que l’on rapporte à des conditions sociales ? Peut-on même distinguer les deux ? Pourquoi et à quelles fins théoriques et pratiques ? Que risque-t-on de passer sous silence ou de négliger en se concentrant sur la vulnérabilité et à l’inverse, en ne la considérant pas ou pas assez ?

Les propositions argumentées et les contributions sont à envoyer sous format électroniques aux deux responsables du dossier, aux adresses suivantes :
mariegaille@yahoo.fr
sandra.laugier@noos.fr

Version imprimable fontsizeup fontsizedown
Pour citer cet article :

© Raison-Publique.fr 2009 | Toute reproduction des articles est interdite sans autorisation explicite de la rédaction.

Motorisé par SPIP | Webdesign : Abel Poucet | Crédits