Le samedi 28 mai 2011 - 09h

28 mai 2011 - Journée d’étude "Penser la représentation à l’aune de la démocratie"

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Date : 28 mai 2011
Lieu : Fondation Jean Jaurès
12, cité Malesherbes
75009 Paris
Métro Pigalle (ligne 2 ou 12)

Journée organisée par Pauline Colonna d’Istria, Pierre Crétois et Naël Desaldeleer, grâce au soutien de la Fondation Jean Jaurès

Présentation

Démocratie et système représentatif apparaissent à la conscience politique contemporaine comme une forme de pléonasme. À tel point qu’il ne semble pas exagéré de dire que ce cadre de la vie politique est devenu un horizon indépassable de la pensée et de la réflexion politiques.
Que la souveraineté du peuple s’exerce essentiellement dans nos sociétés au moyen de l’élection et de la délégation ne devrait pas, en principe, interdire d’envisager d’autres modalités de son exercice. Or, à voir par exemple comment sont presque unanimement rejetées les propositions de recours (même ponctuels) au tirage au sort, il est possible de se demander si l’on ne se heurte pas ici à une sorte d’ « obstacle épistémologique ».
En effet, non seulement ce type de procédures choque le sens commun actuel, mais il est également perçu comme une pratique antidémocratique. Les justifications avancées, à la fois théoriques et historiques, entérinent le plus souvent la distinction entre monde antique et moderne, présentant la démocratie représentative comme l’actualisation du projet démocratique même.

La structure et l’étendue des États, l’individualisme et la complexité des sociétés contemporaines expliqueraient la nécessité d’un système de démocratie indirecte, donc représentatif. Les difficultés à sortir du cadre représentatif pour penser les conditions légitimes de l’exercice démocratique sont-elles le signe d’une cécité de la pensée politique ou, au contraire, de sa lucidité ? Partant de l’hypothèse que l’équivalence entre démocratie et système représentatif n’est pas définitivement acquise, il nous semble important d’insister sur la déliaison des termes de démocratie et de représentation pour examiner de nouveau leur rapport. Le système représentatif est-il la traduction accomplie du projet démocratique ?

Programme

9h00 : Accueil
9h30 : Présentation (Patrick Savidan)
10h-11h30 : La représentation de quoi ?
Présidence : Martine Leibovici
- Didier Mineur : « L’indéfinition des fins et le caractère irreprésentable de la société démocratique »
- Juliette Grange : « La démocratie entre souveraineté du peuple et passivité consumériste »
11h30- 13h00 : L’élection est-elle le seul mode de représentation possible ?
Présidence : Patrick Savidan
- Charles Girard : « Représentation électorale et représentation délibérative »
- Bernard Manin : « La résilience de la démocratie représentative »
Déjeuner
14h30-16h : Au-delà de la représentation : la démocratie ?
Présidence : Audric Vitiello
- Samuel Hayat : « La représentation contre le gouvernement représentatif »
- Gil Delannoi : « Quelques formes fondatrices, secondaires, et alternatives de la démocratie »
16h-17h : Débat public animé par Laurent Bouvet

Patrick Savidan est Professeur de philosophie de l’Université de Poitiers, Directeur de la rédaction de la revue Raison Publique, Président de l’Observatoire des Inégalités.
Martine Leibovici est Maître de conférences en philosophie à l’Université Paris-7, membre du Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques (CSPRP) et spécialiste notamment de H. Arendt.
Didier Mineur est Chercheur associé au CEVIPOF – Sciences Po. Il a publié notamment Archéologie de la représentation politique. Structure et fondement d’une crise aux Presses de Sciences Po en 2011. Il travaille en particulier sur la question de la représentation politique.
Juliette Grange est Professeur de philosophie à l’Université de Nancy II, spécialiste de la pensée française du XIXème siècle. Elle a publié un essai général sur les rapports entre science et politique : Auguste Comte. La politique et la science, Odile Jacob, 2000, et sur l’idée républicaine, L’Idée de république, Agora Pocket, 2008.
Bernard Manin est Directeur d’étude à l’EHESS et Professeur à New York University. Il est notamment l’auteur de Principes du gouvernement représentatif paru aux éditions Calmann-Lévy en 1995.
Charles Girard est ATER au département de philosophie de l’Université Paris I Panthéon- Sorbonne. Il est l’auteur d’une thèse sur l’idéal délibératif dans les théories contemporaines de la démocratie et éditeur (avec A. Le Goff) de La démocratie délibérative, Hermann, 2010.
Audric Vitiello enseigne la science politique et la philosophie politique à l’IEP de Paris et à l’Université de Tours. Il a publié Institution et liberté : l’école et la question de politique, Paris, L’Harmattan, 2010. Il travaille notamment sur la démocratie et des institutions démocratiques.
Samuel Hayat est doctorant en science politique à l’université Paris 8 – Saint-Denis et membre du laboratoire « Théories du politique » (LabTop). Il prépare actuellement une thèse sur les usages de la représentation politique autour de la révolution de 1848.
Gil Delannoi est Directeur de recherche à Sciences-Po. Il a notamment publié en 2010 (en co-direction avec Oliver Dowlen) Sortition, Theory and Practice, Imprint Academic, 2010, et Le retour du tirage au sort en politique, note de la Fondapol, décembre 2010.
Laurent Bouvet est Professeur de science politique à l’Université de Nice-Sophia Antipolis et à Sciences Po Paris. Il est également directeur de l’Observatoire de la social-démocratie de la Fondation Jean Jaurès.

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