Raison publique n°17

Imagination(s) environnementale(s)


Date de parution : mars 2013

Broché : 290 pages
Editeur : PU Rennes (28 février 2013)
ISBN-10 : 2753521506
ISBN-13 : 978-2753521506
Prix : 14 euros

Numéro téléchargeable dans son intégralité, en cliquant ici.

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L’émergence d’un imaginaire environnemental dans la vie intellectuelle occidentale n’a rien d’une récente et extravagante lubie new age, ni rien, résolument rien, d’une dérive irrationnelle. Elle s’inscrit dans une histoire, longue, à laquelle ont aussi contribué et contribuent encore les approches scientifiques de la nature (thermodynamique, géochimie, théorie des systèmes biologiques, etc.), et qui – classiquement – enregistre les mutations qu’informent à chaque époque les changements de paradigme.

Aujourd’hui, l’imagination environnementale contemporaine se déploie dans un contexte de crise écologique devenue endémique. Sa présence dans le débat public et la structuration politique de l’écologie en témoignent, ainsi que la diffusion récente des problématiques environnementales dans tout l’espace culturel, et notamment leur évolution d’un statut contre-culturel vers celui de thématique mainstream, avec les risques de récupération que cela induit.

Ce renouvellement de l’imaginaire environnemental, à travers la multiplicité des formes qu’il explore, a profondément mis en question les canons littéraires et artistiques occidentaux véhiculant l’idéologie moderne de la soumission de la nature ; il s’est également nourri du déploiement d’approches théoriques inédites (écocritique, écoféminisme, etc.) et a introduit, en philosophie et en droit, de nouvelles manières de considérer la nature (écologie européenne, éthique environnementale nord-américaine, théories de la justice environnementale). Plutôt que de revenir sur les aspects scientifiques, économiques ou politiques, ce dossier de Raison publique se propose, afin d’en questionner la teneur, les usages et les effets, d’examiner la dimension culturelle de la question environnementale, ainsi que ses liens à la création contemporaine.

Sommaire du dossier

Introduction, « Imaginer l’environnement aujourd’hui », par Lambert Barthélémy
« Penser l’imagination environnementale », par Stéphanie Posthumus « Imaginaire du dernier homme et éthique environnementale », par Hicham-Stéphane Afeissa
« Apocalypse écologique dans le roman du XXe siècle : Ravage de Barjavel et La leyenda de los soles de Aridjis », par Laurence Pagacz
« À l’ouest du nouveau ? Imaginaire environnemental et néo-western », par Denis Mellier
« Pompoko, une allégorie politique. Mythe local et urgence mondiale », par Nathalie Dufayet
« Le cinéma de l’humilité : un imaginaire environnemental cinématographique », par Estelle Bayon
« Une lecture kinésique du paysage dans les écrits de la chorégraphe Simone Forti », par Julie Perrin
« La ville-paysage du XXIe siècle : une symbiose de l’architecture et de la nature », par Aurélie Michel
« Le Land Art : une esthétique de la nature », par Raphaël Larrère
« Nature à lire », par Gilles Clément
« "La régulation, l’accident, la survivance". Trois figures de l’œuvre contemporaine en rapport avec la nature au bord des réseaux », par Bernard Guelton

A lire également dans ce numéro

Questions présentes

« Discrimination positive et "diversité" : les chaînons manquants », par Daniel Sabbagh
« Une justification théorique des transplantations d’organes ? », par Cléa Sambuc et Pierre Le Coz
« La notion de guerre totale. La logique cryptée des sources schmittiennes », par Céline Jouin

Critiques

« Sommes-nous dans une "démocratie de la connaissance" ? » – À propos de : Daniel Innerarity, La democracia del conocimiento. Por una sociedad inteligente, Paidós, 2011, par Serge Champeau
« Le ressentiment : chemin de traverse vers la justice sociale ? » – À propos de : Antoine Grandjean et Florent Guénard (dir.), Le Ressentiment, passion sociale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, par Solange Chavel
« Comprendre Melville ? » – À propos de : Gisèle Berkman, L’Effet Bartleby. Philosophes lecteurs, Paris, Hermann, 182 p. et Olivier Rey, Le Testament de Melville. Penser le bien et le mal avec Billy Budd, Paris, Gallimard, 256 p., par Patrick Savidan

Contributeurs

Hicham-Stéphane Afeissa est Professeur agrégé de philosophie et Docteur en philosophie de l’Université de Lyon-3. Il a publié une anthologie commentée des textes fondateurs d’éthique environnementale (Ethique de l’environnement. Nature, valeur, respect, Paris, J. Vrin, 2007), ainsi que des textes clés de philosophie animale (Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté, Paris, J. Vrin, 2010, en collaboration avec Jean-Baptiste Jeangène Vilmer). Il a également dirigé un ouvrage collectif où se croisent les approches européennes et anglo-américaines des problèmes environnementaux (Ecosophies. La philosophie à l’épreuve de l’écologie, Paris, Editions MF, 2009). Il a récemment achevé un livre de synthèse sur l’écologie (Qu’est-ce que l’écologie ?, Paris, Vrin, 2009), et un essai personnel d’éthique environnementale (La communauté des êtres de nature, Editions MF, 2010). Son prochain livre paraîtra au cours de l’été 2012 chez Vrin sous le titre de Nouveaux fronts écologiques. Essais d’éthique environnementale et de philosophie animale.

Estelle Bayon a soutenu à l’automne 2012 une thèse intitulée Vers une esthétique de l’humilité. Présence de la terre dans les cinémas contemporains, à l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, où elle a enseigné. Collaboratrice des revues Eclipses et L’Avant-Scène cinéma, elle est l’auteure du livre Le cinéma obscène (L’Harmattan, 2007).

Serge Champeau est professeur de philosophie en classes préparatoires (Bordeaux) et traducteur, notamment des ouvrages de Daniel Innerarity.

Solange Chavel est maître de conférences en éthique et philosophie sociale à l’Université de Poitiers et rédactrice en chef de la revue Raison publique. Elle mène actuellement un travail sur l’immigration et les frontières. Dernier ouvrage : Se mettre à la place d’autrui - L’imagination morale (Rennes, PUR, 2012).

Gilles Clément est paysagiste, enseignant à l’école nationale supérieure de Versailles et écrivain. Les trois principaux concepts développés au cours de ses travaux sont : « Le jardin en Mouvement », « le Jardin Planétaire », « le Tiers-Paysage ».

Nathalie Dufayet est docteur en littérature comparée. Ses travaux portent sur les poétiques de l’évasion, les représentations du temps et les réécritures mythiques et/ou métaphysiques dans les fictions de l’imaginaire (domaines français, anglo-saxon, germanique, nippon et latino-américain).

Bernard Guelton développe depuis la fin des années 80 des réalisations artistiques qui interrogent les contextes sociaux et architecturaux dans lesquels il intervient. La question des rapports entre architecture et fiction caractérise une partie de ses réalisations conçues pour des acteurs et des lieux à chaque fois particuliers. Ce rapport à la fiction n’est jamais conçu comme une mise à l’écart du monde mais au contraire comme une tentative d’inquiéter les croyances qui fondent l’évidence non plus d’un monde mais de plusieurs, suspendus entre évolution et destruction. Dans le cadre universitaire, il anime la ligne de recherche Fictions & interactions (UMR ACTE et l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Cette ligne de recherche a pour ambition d’interroger les particularités de la fiction sous l’angle des pratiques artistiques et visuelles.

Cécile Jouin est maître de conférences à l’université de Caen et secrétaire de rédaction des Cahiers de Philosophie de l’Université de Caen.

Ingénieur agronome et sociologue, Raphaël Larrère a été directeur de recherche à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Actuellement à la retraite, il dirige la collection "Sciences en questions" des éditions Quæ. Après l’étude de la dynamique des systèmes agraires montagnards, ses travaux ont porté sur les usages et représentations de la nature. A partir du milieu des années 1990, il s’est spécialisé en éthique environnementale : le respect de la nature et la responsabilité vis-à-vis des conséquences de l’action technique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Cueillir la montagne (avec Martin de la Soudière), La Manufacture, 1985, (réédition en 2010 à Ibis Press) ; Des hommes et des forêts (avec Olivier Nougarède), Gallimard, 1993 ; Du bon usage de la nature – Pour une philosophie de l’environnement (avec Catherine Larrère), Aubier, 1997 (réédition en 2009 Collection Champs de Flammarion).

Pierre Le Coz, Professeur des universités en philosophie et Président du Comité de prévention des conflits d’intérêts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Il a été jusqu’en 2012 Vice-président du Comité consultatif national d’éthique.

Thierry Mandoul est architecte, critique d’architecture et McF à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Penser l’habité. Le logement en question, Entre raison et utopie. L’histoire de l’architecture d’Auguste Choisy, parus tous deux aux éditions Mardaga ou bien encore Rotterdam, édité par la Cité de l’architecture et du patrimoine en 2010.

Denis Mellier est professeur à l’Université de Poitiers où il enseigne la littérature comparée et le cinéma. Il travaille sur les problématiques de la réflexivité et les articulations de la culture de masse et des formes savantes en littérature et au cinéma. Il a notamment publié, L’écriture de l’excès, Champion 1999, Les Ecrans meurtriers, essais sur les scènes spéculaires du thriller, Céfal, 2000, Textes-Fantômes, Fantastique et autoréférence, Kimé, 2001, et dirigé de nombreux volume collectif, notamment sur Sherlock Holmes (ENS-Editions) ou Les Métaphores d’époque (La Licorne, n°73, 2005). Il est directeur de publication de la revue Otrante, Arts et littérature fantastique.

Aurélie Michel est docteur de l’université de Lorraine. Elle est également ATER en arts plastiques. Sa thèse intitulée Objets-environnements, des interfaces biomimétiques entre arts plastiques et design, en France, de 1993 a nos jours, s’articule autour d’une production qui s’inspire des mécanismes naturels soit en tant que protocoles de création, soit comme modèles purement formels.

Laurence Pagacz est actuellement doctorante en littérature hispanique à l’Université catholique de Louvain (Belgique). Sa thèse porte sur la dystopie et la carnavalisation dans l’œuvre en prose de Homero Aridjis. Elle prépare également une traduction de El último Adán [Le Dernier Adam] (1986), du même auteur.

Julie Perrin est enseignante-chercheuse au département danse de l’université Paris 8 Saint-Denis. Ses recherches portent sur la danse contemporaine à partir de 1950 aux États-Unis et en France. Elle est l’auteure de : Projet de la matière – Odile Duboc : Mémoire(s) d’une œuvre chorégraphique, Centre national de la danse / Les presses du réel, 2007 et Figures de l’attention. Cinq essais sur la spatialité en danse, Les presses du réel, Dijon, 2012. Elle coordonne avec Emmanuelle Huynh et Denise Luccioni, Histoire(s) et lectures : Trisha Brown / Emmanuelle Huynh, Les presses du réel, Dijon, 2012 et avec Françoise Michel, Odile Duboc. Les mots de la matière. Écrits de la chorégraphe, Les Solitaires intempestifs, Besançon, 2012. Articles disponibles sur : www.danse.univ-paris8.fr

Stéphanie Posthumus est professeure de littérature européenne à l’université McGill au Canada. Ses travaux portent sur la littérature française contemporaine, la théorie écocritique et la question de l’animal. Elle a publié récemment des articles sur Marie Darrieussecq, Michel Houellebecq, Jean-Christophe Rufin, Michel Tournier, et elle dirige actuellement une collection d’articles intitulée French Thinking about Animals à paraître au printemps 2013.

Daniel Sabbagh est chercheur en sciences politiques, au CERI (Sciences Po Paris). Ses travaux portent sur la discrimination et les politiques anti-discriminatoires. Le livre issu de sa thèse, L’Egalité par le droit : les paradoxes de la discrimination positive aux Etats-Unis, situé au croisement de la théorie politique, de la sociologie du droit et de l’histoire des idées, a reçu le Prix François Furet en 2004 et a été traduit aux Etats-Unis en 2007.

Cléa Sambuc est docteur en sciences économiques. Sa thèse porte sur les transplantations d’organes.

Patrick Savidan est professeur de philosophie sociale et politique à l’Université de Poitiers et directeur de la revue Raison publique. Ses travaux portent sur les questions de justice sociale, sur les formes de l’égalité démocratique, ainsi sur la signification, la portée et les implications sociales et politiques de la littérature. Derniers ouvrages : Repenser l’égalité des chances (Hachette littérature, 2010) et Multiculturalisme (PUF, 2ème éd., 2011).

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