Le sociologue, le politique et le terroriste. Réponses à Valls

lundi 28 décembre 2015, par Federico Tarragoni

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Un nouveau débat fait rage depuis quelques semaines sur les listes des chercheurs en sciences sociales : la sociologie, à force de chercher des causes sociales à la folie terroriste, ne finit-elle par « excuser » les assassins ? Le ton est donné par le Premier Ministre Manuel Valls, lors d’une allocution au Sénat le 26 novembre. En répondant au sénateur Christian Favier qui l’interrogeait sur les politiques à mettre en œuvre après les attentats du 13 novembre « pour que toute la jeunesse, sans discrimination ni stigmatisation, puisse redonner sens à sa vie, reprendre confiance en son avenir et renouer avec l’espoir d’une vie meilleure », Valls a précisé aussitôt : « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé ». Ce propos s’inscrit dans une longue suite d’attaques livrées par nos gouvernants, tant de droite que de gauche, contre les sciences humaines et sociales, témoignant de la légitimation croissante d’un certain anti-intellectualisme au pouvoir [1]. On ne peut pas éviter de songer aux débats de 2009 sur la notion d’« identité nationale », qui visaient également le potentiel « excessivement critique », et par-là destructeur de la solidarité patriotique, des sciences sociales.

Comme ce fut le cas en 2009, une confusion accablante semble gagner les esprits : expliquer des phénomènes sociaux, en retracer les causes et appliquer une démarche compréhensive aux pratiques et aux significations qui les constituent, reviendrait à « excuser » ou « justifier » les acteurs qui y prennent part. Ce raisonnement est totalement fallacieux : en premier lieu, l’explication rigoureuse des phénomènes sociaux permet d’éclairer les réponses politiques qui y sont apportées ; en deuxième lieu, la démarche compréhensive, qui est commune à la sociologie, à l’anthropologie et à l’histoire, ne fait que réinscrire les acteurs sociaux dans le cercle de la commune humanité. Voilà le problème, nous dira-t-on ! Il y a là en effet de quoi dérouter ceux qui font des protagonistes de la tuerie du 13 novembre des « barbares », des « monstres » à opposer à la civilisation. Aucun chercheur en sciences sociales n’hésiterait pas à définir la tuerie du 13 novembre comme un acte de barbarie  ; autre chose est toutefois de s’empêcher de comprendre, par la qualification des tueurs comme des « barbares », les raisons multiples pouvant expliquer le passage à l’acte. Parmi ces raisons on trouve des processus de radicalisation, des logiques d’enrôlement dans des organisations sectaires, des ruptures biographiques provoquées par le déplacement en Syrie ou par l’expérience de la prison, des réinterprétations des textes de l’islam et des réinventions de la tradition jihadiste, des processus de désubjectivation et de perte d’ancrage avec la réalité, des formes de discrimination ou de stigmatisation multiples touchant les populations issues de l’immigration dans les quartiers de relégation en France ou en Belgique… Ce sont précisément ces raisons multiples que les sciences sociales essaient de décrypter : expliquer de manière compréhensive la cruauté ne veut dire ni la justifier, ni l’excuser [2].

Le débat sur l’« excuse sociologique » permet toutefois de poser une question d’une importance cruciale aujourd’hui : quelle est l’utilité du discours sociologique pour penser la situation contemporaine en France et en Europe ? La sociologie, et les sciences sociales dans leur ensemble, peuvent-elles contribuer à mettre des mots sur l’indicible, à éclaires quelques chemins, sans doute provisoires, de compréhension et, partant, d’action ?

La question fait écho à celle, plus générale, de l’utilité politique et publique de la sociologie [3]. La poser permet de distinguer cette « utilité » de celle des savoirs, appliqués ou d’expertise, souvent convoités par les pouvoirs publics et sur lesquels repose largement la légitimation et l’application de la politique anti-terroriste contemporaine [4].

Comment passer du désarroi à l’action ?

Il faut tout d’abord convenir qu’il peut y avoir une première utilité des sciences sociales qui tiendrait à sa capacité - par les savoirs accumulés de données informationnelles, par le recul que permet la prise en compte de l’historicité, par l’effort de distanciation qu’elles sanctionnent - à nourrir une forme d’expertise. Ce serait toutefois une erreur de réduire les sciences sociales à cette seule utilité.

On oublie ainsi souvent une deuxième utilité « forte » des sciences sociales dans les moments de crise politique comme celui que nous vivons aujourd’hui. Les sciences sociales, avec les artistes, les écrivains, les dramaturges, les musiciens, mettent des mots sur un amas d’émotions qui constitue la trame même de l’événement, entre sa production et sa réception quotidienne. Ces émotions sont une clé de (auto)compréhension et d’(auto)analyse, certes. Mais elles ne suffisent pas pour produire une réponse politique à l’événement : le deuil, la compassion, la perception de la fragilité humaine, la peur et l’espérance, peuvent donner lieu à des mobilisations exceptionnelles, mais perdent leur qualités collectives faute d’un "collant" discursif et narratif. La Marseillaise et le drapeau constituent un « collant provisoire » ; mais à terme, ces émotions doivent se lier à un discours ou à un récit, comme le fut la défense de la liberté d’expression pour la mobilisation citoyenne post-Charlie Hebdo. Or, il incombe aux sciences sociales, ainsi qu’aux mondes de l’art et de la culture, de participer à la construction d’une grammaire de la citoyenneté, à même de prendre en charge l’événement et d’en faire le noyau central d’un nouvel « être-ensemble » [5]. Faute de cet apport, ce sera tout simplement quelqu’un d’autre qui s’en chargera à leur place : certaines émotions prendront le pas sur d’autres et le discours étatico-sécuritaire se chargera de « faire de collant », avec les résultats que l’on peut imaginer en termes de stigmatisation des boucs émissaires, repli nationaliste et racisme.

Dans les mondes de l’école et de l’Université, un travail public des émotions a vu le jour dans les semaines suivant les attentats du 13. Comme chaque enseignant aura pu le constater, là où des débats ont eu lieu avec les étudiants des émotions multiples ont fait surface. Ce travail de partage et d’expression publique des émotions est très précieux, car il permet de mettre des mots sur les événements (les attentats, l’état d’urgence, les frappes en Syrie), de partager des ressentis individuels et de les élaborer collectivement. Cet exercice public des émotions, qui est une manière de faire sens dans un contexte où les repères défaillent, n’est qu’un exemple parmi d’autres d’usage civique des émotions : les mobilisations et les marches collectives, l’action contestataire (réprimée lors de la Cop-21), les deuils collectifs et les formes de présence sur les lieux des attentats en sont des prototypes.

C’est sur cet exercice civique des émotions que les sciences sociales devraient, à mon sens, braquer leurs projecteurs, afin de redéfinir leur mission publique. L’enjeu est de taille, en raison de la pluralité des émotions qui surgissent au cœur des événements, de leur caractère potentiellement contradictoire, et de leur instrumentalisation sécuritaire [6]. Le devoir de l’intellectuel est ici de défendre les valeurs démocratiques menacées par le gigantesque appareil sécuritaire, policier et liberticide, contre toute instrumentalisation des émotions collectives. Il se double d’un devoir proprement scientifique : il s’agit d’observer, au cœur des conduites individuelles et collectives, comment la société française continue, malgré les ruptures et les déchirures, de « faire-société ».

Or, évidemment, la fermeture de l’espace public est nuisible tant à l’un qu’à l’autre devoir : chercheurs ou non, nous nous trouvons aujourd’hui dans la situation extrêmement contradictoire d’être interpellés en permanence et sommés de nous positionner par rapport aux événements, sans pouvoir nous rapporter à autrui en dehors des micro-espaces du quotidien, les sociabilités amicales, les bars et les lieux de travail, les salles de classe, l’espace familial. La fermeture de l’espace public contestataire, de la rue [7], est le principal danger qui pèse sur notre présent, car il est porteur d’une injonction dépolitisante, tributaire de l’état d’exception juridico-étatique [8], à l’heure où chacun essaie, tant bien que mal, de recoller les morceaux de son expérience, de sa vie, de son rapport à l’autre.

Les sciences sociales excusent-elles les terroristes ?

Il y a au fond deux propositions centrales dans le « discours de l’excuse » qu’il faut discuter. La première, très ancienne comme le souligne Xavier Molénat, est l’opposition entre le pôle du libre arbitre (et donc de la responsabilité individuelle) et celui de la « détermination sociale » (et donc d’une responsabilité collective) dans l’analyse des conduites déviantes ou violentes [9]. La sociologie « excuserait » les terroristes dans la mesure où elle renverrait le choix de la violence à un ensemble de dysfonctionnements sociaux (exclusion sociale, ségrégation urbaine, domination symbolique, discrimination raciale et stigmatisation). Cependant le discours de l’excuse met strictement sur le même plan ontologique la responsabilité individuelle et la responsabilité collective : lorsque la première est sanctionnée par le droit et la répression policière, la deuxième relève de la réflexivité de la société dans son ensemble. La sociologie n’excusera jamais les délinquants, les terroristes, les violents : son discours est celui dont toute société moderne et démocratique se dote pour informer les différentes instances productrices de la loi et du droit, ainsi que la société civile, des raisons individuelles et sociales ayant conduit à tel ensemble de conduites. Le droit et l’appareil sécuritaro-répressif continuent (légitimement) de sanctionner les conduites individuelles, quoi qu’en dise la sociologie ; la sociologie est, par contre, la discipline à travers laquelle la société prend conscience de ses contradictions internes, en se voyant dans une sorte de miroir réflexif ou critique. Se priver de ce discours veut dire purement et simplement laisser à l’État, à la police et au droit, le soin de gérer intégralement nos vies selon leurs propres critères. D’où un affaiblissement de la réflexivité critique des société modernes : autrement dit, de la démocratie.

Venons-en à la deuxième proposition du discours de l’excuse : la sociologie ne proposerait pas de solutions pratiques au problème soulevé par le terrorisme , mais ressasserait les mêmes analyses de fond sur les contradictions de l’idéologie républicaine, tant de droite que de gauche, au vu de l’état effectif d’exclusion, socio-économique, symbolique et politique, dans lequel vivent les populations issues de l’immigration. La société française serait donc responsable des événements qui l’ont touchée : derrière le voile de l’idéologie républicaine et de la « laïcité » se cacherait une discrimination de facto exercée par les instances de l’État (la police, le droit, l’école) et le marché du travail envers les populations issues de l’immigration. L’incapacité de l’idéologie nationale-républicaine de produire des citoyens égaux en droit serait la cause majeure de la « dérive terroriste » de certains de nos citoyens « de série B ». Il est vrai que ce discours, à travers lequel la sociologie continue de penser la dérive terroriste, doit être complexifié, à l’épreuve des attentats. L’un des défis majeurs que le 13 novembre pose à la sociologie, et plus généralement aux sciences sociales, est de s’attaquer désormais à la variable proprement religieuse dans l’analyse des significations que les individus confèrent à leur agir. Comme l’ont montré des travaux récents sur la « subjectivité jihadiste », le religieux offre à des individus déracinés, « en détresse du fait de failles identitaires importantes » [10], une compensation symbolique forte. Il donne sens à des trajectoires individuelles et met en forme des désirs de reconnaissance avortés. Il se lie à un usage massif, aveugle et martyrique de la violence [11], qu’on ne peut plus comprendre dans le cadre des logiques classiques de la guerre. Il s’apparente à une idéologie libératrice pour des individus stigmatisés au sein de notre collectif national-républicain, à même de les relier à de nouveaux collectifs imaginaires et à des traditions réinventées à l’intérieur de l’islam. La sociologie doit désormais s’efforcer de comprendre la portée du religieux dans l’explication des conduites individuelles, en liant cette analyse à ses constats « classiques » (du moins du côté de la sociologie française) sur l’exclusion, la discrimination, les inégalités et la ségrégation spatiale. Les deux analyses doivent toutefois procéder ensemble, au risque de se trouver avec une série de portraits de « sujets religieux », d’« individus radicalisés » ou de « fanatiques sectaires » flottant dans le vide social. Il y a là un risque très grand : dissocier le religieux du social conduit en effet à entériner le discours ambiant sur le choix souverainement individuel de la violence. La société française n’est certes pas responsable de ses 130 morts ; mais ses contradictions internes rendent raison, du moins en partie, du vivier de terroristes qu’elle offre, sur un plateau d’argent, à l’État islamique. Ne pas s’attaquer à ces contradictions internes, en revenant de manière critique sur l’idéologie nationale-républicaine à l’aune de la multiculturalité réelle de la population française, multiculturalité dans laquelle un rôle central est joué par les identités religieuses, ne nous permettra pas de sortir de l’impasse. Il faudra, dans les années à venir, penser sérieusement le religieux, en réfléchissant à sa place dans l’économie de la coexistence civile, et en réévaluant analytiquement sa portée dans l’explication des conduites individuelles.

Sommes nous (vraiment) en guerre ?

Un autre domaine où les sciences sociales ont aujourd’hui leur mot à dire est la question de la guerre. Depuis quelques semaines on nous martèle : La France est en guerre. Certains intellectuels ont répondu : nous ne sommes pas en guerre, l’État l’est. D’autres ont rétorqué : nous ne sommes pas entrés en guerre maintenant, nous l’avons toujours été en raison des convoitises géopolitiques de nos gouvernants [12]. Deux acceptions de guerre se donnaient à voir : la guerre d’un État contre un autre ; la guerre comme état de convulsion d’une société entière, mobilisée contre un ennemi intérieur fantasmé. Or, comme l’a souligné F. Gros, une première incertitude ontologique vient du fait que nous ne sommes pas dans une guerre « classique ». Le type de guerre que nous vivons est radicalement inédit dans l’histoire de la modernité politique, en tant que guerre « diffuse », sans armées ni espaces-temps soustraits au quotidien et dédiés spécifiquement à l’affrontement guerrier [13]. Toujours est-il que « Le propre de la guerre, c’est qu’elle est imposée par celui qui nous la déclare. Celui qui est attaqué n’a pas à se poser la question de savoir s’il doit on non la faire : l’agresseur en a déjà décidé » [14]. Il reste donc à savoir comment se positionner par rapport à l’état de guerre imposé par l’agression. Quel que soit le positionnement, dont chacun est maître par son propre rapport aux valeurs, il doit être clair cependant que ce positionnement doit prendre en compte un état effectif de guerre produit par l’attaque terroriste et performé par la réponse étatique.

Il convient également de souligner que le positionnement des intellectuels ne peut pas se substituer à la décision politique. Les chercheurs ne prennent pas de décisions politiques : plutôt, ils font preuve de vigilance critique et peuvent, par ce même travail de vigilance, accélérer une prise de conscience dans la société civile, à même d’infléchir la prise de décision. Mais, il faut le souligner, leur profession n’a rien à voir avec la prise de décision politique. Comme le souligna Max Weber en 1917, le rôle de l’homme de science qui œuvre à l’intérieur des « sciences de la culture » est d’éclairer l’homme politique sur les fondements et les enjeux profonds de la panoplie de choix politiques qui s’offrent à lui à un moment donné [15]. On peut ajouter à ceci la fonction critique des sciences humaines et sociales : celles-ci déconstruisent les procédures du pouvoir, en montrant quels rapports de force orientent, dans un espace-temps précis, la prise de décision. Ce n’est pas une mince affaire, dira-t-on, que d’éclairer l’État sur l’historicité de la jihad, sur les raisons sociologiques de l’engagement de certains dans les mailles de l’État islamique, sur la nature de l’état d’urgence comme état d’exception juridico-démocratique, sur la signification historique d’un ensemble de catégories maniées à tort et à travers dans le débat public comme « culture », « valeurs », « civilisations », « barbarie »... Mais cet éclairage, il faut le dire haut et fort avec Max Weber, ne peut pas se substituer à la prise de décision : d’un côté la réflexivité des sciences humaines et sociales, de l’autre la politique avec ses « logiques de la décision » et, il ne faut pas l’oublier, la critique par le bas, par l’engagement et l’action collective, de ces mêmes logiques, dans l’intérêt de la démocratie.

Nous vivons actuellement ce que Max Weber décrivit comme l’essence même du politique, à savoir un moment critique où les routines du gouvernement démocratico-représentatif éclatent et, dans un état d’exceptionnalité, fait surface une « guerre de valeurs » sur les choix sous-jacents à la décision politique. Certes, la décision continue d’appartenir en dernière instance aux élites représentatives, mais avec deux changements majeurs : 1) l’état d’exception, qui hypertrophie et élargit le domaine de la décision des élites étatiques, est contesté de plus en plus par la société civile et les intellectuels ; 2) des positions multiples s’affrontent sur les valeurs qui orientent les choix politiques. C’est le sens même des combats qui se livrent sur la place publique sur les « valeurs des démocraties occidentales » et la manière de les défendre, sur la légitimité en dernier recours de la guerre, sur la signification profonde d’une guerre qui, menée en dehors des frontières, touche de façon aveugle les civils.

Bref, nous vivons sans doute un moment très difficile, mais au cœur duquel du politique apparaît, souvent contre l’appareil décisionnel (et policier) de la politique. Nous sommes en guerre militairement, mais surtout idéologiquement et politiquement : c’est cette deuxième dimension de la « guerre », qui ne fait pas de morts et n’use pas de drones, que les sciences humaines et sociales, ensemble avec la société civile, doivent contribuer à faire éclore. Cette « guerre des valeurs » est l’une des choses les plus précieuses que les sciences humaines et sociales et la politique doivent garder près d’elles, au péril de supprimer, purement et simplement, la pluralité démocratique qui caractérise nos systèmes politiques. C’est ainsi que nous résisterons, là où l’État s’empresse de renforcer la sécurité intérieure, à la menace profonde que le terrorisme fait planer sur nos vies.

par Federico Tarragoni

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Pour citer cet article :

Notes

[1] M. Wieviorka, « Terrorisme : pouvons-nous critiquer le discours officiel ? », Nouvel Observateur, 29 novembre 2015. Publication en ligne : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees....

[2] On remarque par ailleurs une étrange circularité dans le discours politique entre le laxisme judiciaire et pénal et le « discours de l’excuse » de la sociologie. Lorsque Nicolas Sarkozy affirmait, à propos des émeutes de Villiers-le-Bel en 2008, que « quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable », sa cible était le laxisme du système pénal, qu’il s’apprêtait à réformer. Revient aujourd’hui, dans le discours d’un Premier Ministre de gauche, la même association pernicieuse entre la compréhension et la justification. Faut il croire que la sociologie et le droit partagent la même fonction normative et policière ?

[3] M. Burawoy, « For Public Sociology », American Sociological Review, Vol. 70, 2005, p. 4-28.

[4] D. Bigo, « Comment briser le cercle de la vengeance ? », Mediapart, 30 novembre 2015. Publication en ligne : https://blogs.mediapart.fr/didier-b....

[5] F. Tarragoni, « Charlie Hebdo : les responsabilités intellectuelles de la sociologie », Raison publique, 8 mars 2015. URL : http://raison-publique.fr/article74....

[6] Ph. Corcuff, « Na laissons pas à l’État la politique de nos émotions », Libération, 1er décembre 2015. Publication en ligne : http://www.liberation.fr/debats/201.... Pour une comparaison avec le cas américain après le 11 septembre, voir J. Butler, Vie précaire. Les pouvoirs du deuil et de la violence après le 11 septembre 2001, Paris, Éditions Amsterdam, 2006.

[7] É. Fassin, « Monsieur le Président, nous n’avons pas les mêmes urgences. Lettre ouverte à François Hollande », Mediapart, 29 novembre 2015. Publication en ligne : https://blogs.mediapart.fr/eric-fas....

[8] G. Agamben, État d’exception, Paris, Seuil, 2008.

[9] X. Molénat, « La sociologie excuse-t-elle les terroristes ? », Alternatives économiques, 1 décembre 2015. Publication en ligne : http://www.alterecoplus.fr/en-direc....

[10] F. Benslama, « Pour les désespérés, l’islamisme radical est un produit excitant », Le Monde, 26 novembre 2015 (entretien réalisé le 13 novembre). Publication en ligne : http://www.lemonde.fr/societe/artic....

[11] Farhad Khosrokhavar, Les nouveaux martyrs d’Allah, Paris, Flammarion, 2002. F. Khosrokhavar, Radicalisation, Paris, Éditions de la MSH, 2014. F. Benslama (dir.), L’idéal et la cruauté. Subjectivité et politique de la radicalisation, Paris, Lignes, 2015.

[12] Les deux acceptions sont réunies dans le manifeste « À qui sert leur guerre ? », Libération, 24 novembre 2015. Publication en ligne : http://www.liberation.fr/planete/20....

[13] F. Gros, « Trop de sécuritaire tue la sécurité », Le Monde, 21 novembre 2015. Publication en ligne : http://www.lemonde.fr/idees/article....

[14] Ibid.

[15] M. Weber, Le savant et le politique, Paris, Éditions 10/18, 2002 (1917-19).

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