La terreur d’imaginer : Zabel Essayan-Hagop Oshagan

jeudi 31 mars 2016, par Catherine Coquio

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Article paru initialement dans Raison publique, n° 16, printemps 2012.

Je souhaite ici attirer l’attention sur deux auteurs arméniens dont viennent d’être traduits des textes importants. D’une part, un récit de Zabel Essayan, Dans les ruines (Averaknerun mej), paru en France cent ans après sa première publica- tion à Constantinople en 1911, et un an après sa réédition en Turquie. Ce texte, qui évoque le massacre des Arméniens de Cilicie en 1909, peu après la révolution Jeune-Turque de 1908, est un témoignage d’importance historique, puisqu’il est le premier qui tenta d’approcher par l’écriture littéraire une destruction génocidaire : l’auteur, envoyée en mission humanitaire par le Patriarcat, qui lui confiait la tâche de rassembler les enfants survivants dans des orphelinats arméniens, déchiffre cette volonté d’éradication, alors inouïe, à travers les « ruines » que constituent les lieux du massacre et les survivants eux-mêmes. L’autre groupe de textes émane de Hagop Oshagan : il concerne le projet que celui-ci eut d’écrire, au seuil des années 1930, alors qu’il était réfugié à Chypre, un « roman de la Catastrophe » s’affrontant pour finir au génocide de 1915 – projet qui ne put aboutir. Ce roman, intitulé Mnatsortats, qu’on traduit ordinairement par « Ce qui reste », était écrit aux deux-tiers et couvrait plus de 1 600 pages lorsqu’en 1934, tout s’arrêta. L’auteur cessa d’écrire, terrorisé et menacé par son propre projet littéraire.

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par Catherine Coquio

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