Yassin al-Haj Saleh : Rendre la Syrie aux Syriens

dimanche 25 septembre 2016, par Jean-Baptiste Mathieu

Thèmes : démocratie

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À propos de : Yassin al-Haj Saleh, La Question syrienne, articles traduits de l’arabe par Nadia Leïla Aïssaoui, Ziad Majed et Farouk Mardam-Bey, Arles, Sindbad/Actes Sud, 2016.

Au début de son livre Le Choc des décolonisations, l’historien du Maghreb Pierre Vermeren écrit, à propos des « printemps arabes » : « Pour une fois que les peuples du sud de la Méditerranée ont été acteurs de leur histoire, et même de la grande Histoire, et plus seulement les figurants ni les seconds rôles des conflits entre grandes puissances, comme ce fut le cas durant la guerre froide (1947-1991), ou depuis vingt ans que les guerres s’enchaînent au Moyen-Orient, sur fond de terrorisme et de djihadisme international » [1]. Quelques lignes plus loin, il ajoute : « en 2011, une immense clameur a soulevé les foules de Tunis au Caire, et de Tripoli à Damas. Cette clameur est peut-être retombée, mais son message et sa puissance sont intacts : les peuples du Sud, et leurs jeunesses en particulier, dès qu’ils l’ont pu, ont dit leur soif de liberté, d’expression politique et artistique, leur liesse collective et leurs espoirs d’un monde meilleur, une fois renversé le joug de la dictature » [2].

Cette clameur et ce message, on les entend distinctement dans La Question syrienne, un recueil d’articles de l’opposant syrien Yassin al-Haj Saleh qui vient d’être publié en français. Et c’est une des raisons, et non la moindre, qui rendent ce livre précieux – d’autant plus précieux qu’au fil du temps, nos oreilles occidentales prêtent davantage d’attention à la clameur des migrations et au « message » de Daech, au point d’oublier qu’il y a eu, d’abord, autre chose à entendre, et à écouter. C’est ce que nous rappelle, d’emblée, le premier article de La Question syrienne, intitulé « La révolution des gens ordinaires : questions morales, culturelles et politiques », daté de juin 2011 – la révolution syrienne a débuté en mars 2011. Yassin al-Haj Saleh écrit : « l’intifada [c’est ainsi qu’il nomme la révolution] dévoile la richesse longtemps occultée de la Syrie, sa richesse sociale, culturelle et politique, la richesse de ses enfants dont les traits ont été effacés. Elle leur donne la parole : ils crient, protestent, se moquent, chantent et reprennent l’espace public ou plutôt le libèrent d’une occupation quasi totalitaire » (La Question syrienne, p. 38). De cette sorte de révélation d’un peuple à lui-même et par lui-même [3], il donne notamment l’exemple de la publicité faite par les insurgés syriens au nom de leur ville, de leur quartier, contre l’assimilation de leur pays au seul nom de la famille régnante : « [le régime] impose à tout le pays un seul et unique nom, Al-Assad. Les rues sont à son nom, les places, le plus grand lac du pays, l’hôpital de Damas, la bibliothèque nationale et la Syrie elle-même sont à son nom. La révolution nomme ou plutôt ressuscite les lieux : Deraa (Jasem, Nawa, Dael, Inkhel) ; Damas (Kanaker, Douma, Harasta, Midan, Barzeh, Rukin Eldin, Mouaddamiyé, Al-Tall, Kisweh, Qatana, Jdaydet-‘Artouz)… » (p. 37). La nomination affirme l’existence d’un territoire et d’un peuple indépendants de leur « maître ».

Nous sommes ici au cœur du propos que développent les huit articles rassemblés dans La Question syrienne. Publiés sur une période allant de juin 2011 à février 2015, ils éclairent la naissance de la révolution syrienne en analysant, dans la longue durée, l’appropriation de la Syrie par la famille Al-Assad. Ils définissent également les conditions sociales et institutionnelles d’une Syrie rendue aux Syriens, décommunautarisée, républicaine et décentralisée – ainsi que la menace pesant sur l’émergence de cette Syrie : la « montée du nihilisme guerrier », pour reprendre le titre d’un article de La Question syrienne.

L’appropriation de la Syrie par la famille Al-Assad : c’est un des leitmotive de La Question syrienne. Elle explique, selon Yassin al-Haj Saleh, des slogans comme « Al-Assad ou personne », « Al-Assad ou nous brûlons le pays », dont la profération par les partisans du régime assadien « suppose qu’il existe un pays nommé « la Syrie d’Al-Assad » dont dispose le propriétaire, Al-Assad, comme de son bien privé » (p. 123). À la lecture de La Question syrienne, l’analyse de cette appropriation, reprise, répétée, précisée d’un article à l’autre, apparaît aussi comme une forme de réappropriation symbolique de son pays par un Syrien, et de réplique, symbolique également, à la violence de l’expropriation subie par les Syriens sous Hafez Al-Assad et son fils Bachar.

En quoi consiste cette appropriation ? Avant tout, en la mainmise de la famille Al-Assad sur la vie politique et le pouvoir. Dans le dernier article de La Question syrienne, intitulé « Le sultan moderne : les sources sociales et politiques du communautarisme en Syrie » (p. 165-218), Yassin al-Haj Saleh qualifie la Syrie assadienne d’« État sultanien moderne », assis notamment sur « l’« éternité » (la dévolution héréditaire du pouvoir) » – le successeur d’Hafez Al-Assad n’est autre que son fils Bachar – et « l’allégeance (la subordination) » (p. 166), c’est-à-dire la personnalisation du rapport entre gouvernant et gouverné, « substituée à la citoyenneté et aux rapports politiques abstraits entre l’« État » et la population » (p. 186). L’allégeance s’actualise par exemple dans « le plébiscite de renouvellement du mandat présidentiel », dont Yassin al-Haj Saleh rappelle qu’en 1985, « on le désigna par le mot bay’a, vieille notion islamique qui signifiait l’allégeance publique au calife » (p. 184) [4]. Dans un tel régime, la nation et l’État se confondent avec la personne de celui qui les dirige. Commentant le slogan « Al-Assad ou personne », Yassin al-Haj Saleh observe qu’il suppose un « lien ontologique entre la Syrie et Al-Assad » (p. 126 ; je souligne), au sens où l’existence de la première y est présentée comme dépendante de l’existence du second. Sous un tel régime, il ne peut être question d’autoriser, en-dehors du pouvoir, une quelconque activité politique, sous peine de mettre en danger l’existence même de la nation – en fait, de porter atteinte aux titres de propriété de la famille régnante. La politique est donc interdite aux habitants : « C’est sur la séparation entretenue entre un vaste public et un champ politique étriqué et monopolisé par l’élite dirigeante que s’est érigé le royaume assadien. La politique a tellement été représentée comme une science « noble », réservée à un parti et à une idéologie, et même à des individus et, en particulier, à un « génie d’exception », qu’elle est devenue une propriété privée transmissible aux descendants. […] Pendant plus de quarante ans, […] l’interdiction de politique a été sévèrement maintenue » (p. 154).

Comment cette appropriation a-t-elle été possible ? Comment a-t-elle pu se perpétuer ? Pour répondre à ces questions, Yassin al-Haj Saleh analyse le rôle du communautarisme dans le régime assadien, les idéologies mobilisées par le régime et ses affidés, son usage de la violence.

Dans l’usage qu’en fait Yassin al-Haj Saleh, « communautarisme », ou « confessionnalisme », désigne une réalité politique, et non la manifestation quasi naturelle de distinctions ethniques, culturelles, ou religieuses. La Syrie, arabe et kurde, sunnite, alaouite, druze, chrétienne, est plurielle tant ethniquement que religieusement – et l’une des caractéristiques principales d’une Syrie républicaine, telle que la conçoit et la souhaite Yassin al-Haj Saleh, serait la reconnaissance de cette pluralité. Mais de la pluralité au communautarisme, la conséquence n’est pas nécessaire : « Ce qui importe véritablement, c’est la nature du système politique et juridique dans le pays et sa volonté de neutraliser les différences héritées ou, au contraire, de les alimenter et les exacerber, voire les soulever les unes contre les autres. Le passé peut fournir des griefs susceptibles de mobiliser les identités communautaires et de les consolider, mais la confrontation entre identités est une conséquence de la politique du pouvoir et des polarisations qu’elle a provoquées » (p. 79). Si communautarisme il y a, dans la Syrie assadienne, c’est parce que le régime y avait intérêt. En effet, le communautarisme dont parle Yassin al-Haj Saleh, c’est d’abord l’instrumentalisation par le pouvoir assadien, pour sa perpétuation, d’une communauté, en l’occurrence la communauté alaouite, à laquelle appartient la famille Al-Assad. Une fois parvenu à la direction de la Syrie, Hafez Al-Assad a mis à profit la solidarité communautaire pour constituer et développer un appareil de surveillance et de répression dévoué à la protection et au maintien de son pouvoir. Des fonctions essentielles dans l’armée et dans l’État sont échues à des alaouites. Hafez Al-Assad a su exploiter « la longue frustration des alaouites, discriminés jusqu’au mandat français » (p. 175) pour opérer, à son bénéfice exclusif, une « privatisation de l’État » (p. 173), dont le corollaire est la « publicisation » d’une communauté. La conséquence espérée de cette opération était le repli des Syriens non alaouites sur leur propre communauté, l’affaiblissement du lien national, le développement de la méfiance au sein de la société – en somme, sa communautarisation. Cette conséquence n’a pas manqué de se produire : « Avec le temps, les Syriens sont devenus de moins en moins des citoyens syriens et de plus en plus des individus appartenant à telle ou telle communauté » (p. 176).

Ce communautarisme d’État, et la communautarisation de la société qu’il engendre, Yassin al-Haj Saleh suggère qu’il n’est pas étranger à l’état actuel de la Syrie : « Quand [le communautarisme] se perpétue pendant des décennies, il provoque forcément d’interminables guerres civiles » (p. 177) [5]. Comment pouvait-il en être autrement quand le pouvoir assadien, non content de s’exercer et de se perpétuer par la domination d’une communauté sur les autres, réprimait violemment toute contestation de cette domination en l’imputant au communautarisme des contestataires, contre lequel il se présentait comme le garant de l’unité nationale ? Il y a là une forme de perversité politique, que Yassin al-Haj Saleh résume magnifiquement dans les lignes suivantes : « Le confessionnalisme étant un instrument de gouvernement, le régime considère que ses opposants sont animés par des sentiments exclusivement confessionnels, et ils doivent prouver le contraire à des appareils recrutés sur une base confessionnelle, comme aux gardiens « culturels » du tabou » (Ibid.). Par « gardiens « culturels » du tabou », Yassin al-Haj Saleh désigne les intellectuels qui ont entretenu le mythe d’une Syrie unifiée, derrière lequel s’abritait le communautarisme d’État, et par lequel il justifiait ses actions répressives.

Le nationalisme est l’une des idéologies mobilisées par le régime assadien pour se légitimer en occultant sa nature confessionnelle, ainsi que pour disqualifier ses opposants et légitimer leur répression. Sous Bachar Al-Assad, les soutiens du régime ont recouru aux services d’une autre idéologie, « l’idéologie moderniste qui s’était répandue mondialement et dans le monde arabe après la chute de l’Union soviétique » (p. 89). La montée en puissance du discours moderniste est concomitante de l’émergence d’une « nouvelle bourgeoisie » étroitement associée au régime, dont les réformes libérales – économiquement parlant – lui ont permis de prospérer. Yassin al-Haj Saleh définit le modernisme de cette nouvelle bourgeoisie comme « un concept ambigu qui fait référence à ce que doivent être les modes de vie, le comportement et la pensée modernes, par opposition à d’autres modes, considérés comme archaïques » (Ibid.). Pour les tenants du modernisme, le progrès économique et social dépend de l’adoption d’un état d’esprit et d’une manière de vivre modernes ; la pauvreté des pauvres est la conséquence de leur état d’esprit et de leur manière de vivre archaïques, et notamment de leur attachement à l’islam, auquel les modernistes opposent les Lumières et la laïcité. Le culturalisme moderniste occulte ainsi les causes proprement politiques de l’état de relégation dans lequel se trouve une partie de la population syrienne : « Les nouveaux bourgeois prétendent que nos problèmes politiques et sociaux sont dus à l’arriération culturelle de la société, à sa débilité mentale, son irrationalité, sa violence innée. Ils n’auraient rien à voir avec le despotisme, la corruption, la férocité des services de renseignement » (p. 90). Selon Yassin al-Haj Saleh, le discours moderniste aurait une responsabilité dans les exactions que, depuis 2011, le régime assadien multiplie à l’encontre de sa propre population. Il aurait, en quelque sorte, préparé le terrain pour ces exactions, par l’incroyable mépris dont il témoigne à l’égard d’une large partie du peuple syrien. Yassin al-Haj Saleh en donne un exemple qui mérite, si l’on peut dire, d’être cité, extrait de l’« article d’un ingénieur sur la croissance démographique dans la région de la Djézireh » (p. 91) : « Soyons francs, nous ne serons pas prêts à offrir à des gens non civilisés, qui font 8 à 15 enfants, des subventions de notre budget tant qu’ils ne se comporteront pas de manière rationnelle, logique et sage. Ils sont responsables de leur pauvreté car ils ont gaspillé leur argent en concevant et en « pondant » des enfants. En offrant des paniers alimentaires à ces gens, le gouvernement utilise nos ressources et nous avons le droit de protester […] et de réclamer que les donations soient conditionnées par le changement de leur comportement destructeur » (p. 91-92).

De la critique que fait Yassin al-Haj Saleh du régime assadien découle logiquement sa conception d’une future Syrie républicaine, conception dont il expose les grandes lignes dans un article intitulé « L’idée républicaine et la révolution syrienne » (p. 149-164). En effet, à l’inverse de la privatisation de la politique dans la Syrie assadienne, la république signifie, selon Yassin al-Haj Saleh, « l’appropriation du politique par l’ensemble de la population » (p. 150). C’est pourquoi Yassin al-Haj Saleh récuse le modèle turc, élitiste et centralisé, fondé sur la conviction que « l’homogénéité est une règle obligée du républicanisme » (p. 152), et dont l’aboutissement est « l’hégémonie d’une élite d’origine et d’orientation bien déterminée sur un public hétérogène en vue de le fondre dans le même moule et d’éliminer la diversité, les divergences et la politique » (Ibid.). Pour que la politique soit à l’avenir l’affaire de tous les Syriens, la république que Yassin al-Haj Saleh appelle de ses vœux doit reconnaître la diversité de la population syrienne, en garantir l’expression ; elle doit également faire une place significative à la décentralisation. Ainsi seront neutralisés ses deux ennemis complémentaires, « l’élitisme moderniste » et « l’élitisme islamiste », le premier au service du régime et nourrissant le second, le second cherchant à substituer son propre despotisme à celui du régime. Selon Yassin al-Haj Saleh, les modernistes sont aveugles au « rapport intime entretenu entre [le] « fondamentalisme » et le régime des privilèges politiques. Le premier, en tant que tentative d’appropriation du politique à travers le religieux, est une conséquence de la confiscation du champ politique par le second » (p. 157-158). À l’inverse, si, « dans le contexte de la révolution syrienne, la religiosité islamique a aidé un large public à s’approprier la chose politique en termes de contestation, de discours et d’organisation », les islamistes se sont efforcés de neutraliser « l’effet républicain » de cette religiosité, et d’en capter « la puissance contestatrice […] en faveur d’un projet élitiste privé » (p. 160).

Hélas, l’avènement de la Syrie républicaine que Yassin al-Haj Saleh appelle de ses vœux apparaît pour le moment bien hypothétique. Il a lui-même diagnostiqué dès mai 2012, dans un article intitulé « La montée du nihilisme guerrier en Syrie » (p. 97-122), quelle possibilité d’occuper le devant de la scène offrait au djihadisme la concomitance de la radicalisation du régime et du sentiment d’être abandonné par les pays arabes et par l’Occident des partisans de la révolution. Il en appelle, dans cet article, à l’action des premiers et du second « pour contrer [la] tendance nihiliste en Syrie en aidant notamment les Syriens à se débarrasser du terrorisme assadien », et les avertit lucidement que « nous vivons dans un monde où le nihilisme ne peut être confiné derrière des frontières, comme l’a montré l’expérience de l’Afghanistan. C’est pourquoi les forces internationales et les pays arabes seraient avisés d’aider les Syriens à se débarrasser de leur cauchemar » (p. 120) [6].

L’intérêt de La Question syrienne, on l’aura compris, est de nous rappeler qu’à l’origine de la tragédie syrienne, il y a la brutalisation d’une société par une organisation politique et sociale perverse, dont Yassin al-Haj Saleh s’est fait l’analyste infatigable et précis. Ses analyses sont d’autant plus précieuses que, comme il le fait lui-même observer, le régime assadien excelle à tendre à l’Occident le miroir aux alouettes de sa laïcité, de sa lutte contre le djihadisme, de son rôle de protecteur des minorités confessionnelles – et qu’il en piège, des alouettes, avec ce miroir [7].

Mais l’intérêt de La Question syrienne excède, si je puis dire, la situation syrienne. Il est également d’illustrer une certaine conception de la politique : pluraliste, inclusive, allergique au mépris social, attentive aux individus, dont la pertinence n’est pas que circonstancielle – et dont il est à souhaiter que les Syriens puissent un jour l’apprécier.

par Jean-Baptiste Mathieu

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Pour citer cet article :

Notes

[1] Pierre Vermeren, Le Choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes, Paris, Odile Jacob, 2015, p. 9 (je souligne).

[2] Ibid., p. 10 (je souligne).

[3] C’est ce que décrit également le politologue libanais Ziad Majed dans son livre Syrie, la révolution orpheline (Arles, Sindbad/Actes Sud, 2014), notamment au chapitre III, intitulé « Quelques traits de la Syrie de l’« intérieur » ». Ce livre est un excellent complément de celui de Yassin al-Haj Saleh. On en trouve une recension par Leïla Vignal sur le site La vie des idées  : http://www.laviedesidees.fr/Syrie-l...

[4] Dans Le Choc des décolonisations, Pierre Vermeren consacre tout un chapitre, intitulé « Permanence et domination des sujétions interpersonnelles », à la persistance de formes antécoloniales d’allégeance dans les États du Proche-Orient, du Maghreb et d’Afrique noire. Voir Le Choc des décolonisations, op. cit., pp. 137-151.

[5] C’est ce que montre Pierre-Jean Luizard à propos de l’Irak dans son livre Le piège Daech. L’État islamique ou le retour de l’Histoire, Paris, La Découverte, 2015.

[6] Yassin al-Haj Saleh, qui a payé de seize années de prison son opposition précoce au régime assadien, a également payé la montée du djihadisme en Syrie : son frère Firas est l’otage de Daech depuis juillet 2013, et son épouse Samira de l’Armée de l’Islam depuis décembre 2013.

[7] Sur ce point, je renvoie au livre de Ziad Majed précédemment mentionné, Syrie, la révolution orpheline, et plus particulièrement à son chapitre V : « De la propagande contre la révolution ».

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