Les mises en scène dans les albums enfantins des apprentissages dans la relation entre adultes et enfants : des évolutions significatives des modalités éducatives

samedi 18 avril 2015, par Stéphane Bonnery

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La littérature de jeunesse est l’un des secteurs les plus stables du marché de l’édition. Elle a pour spécificité que les acheteurs ne sont pas les consommateurs : il faut séduire un triple public – l’enfant, l’adulte acheteur et l’adulte qui accompagne la lecture de l’enfant (en lisant lorsque le lecteur-enfant ne déchiffre pas encore, ou ensuite en contrôlant, en incitant ou en laissant libre cours à la lecture).

Le choix de livres par les adultes, qu’ils soient acheteurs ou prescripteurs de lectures (enseignants, bibliothécaires...), repose sur une série de critères, parmi lesquels la volonté de transmettre quelque chose par le biais du livre. Si elle n’est pas le seul média à destination de l’enfance, la relative consécration de la littérature de jeunesse, qui s’illustre par la reconnaissance artistique et scolaire, est telle que l’étude de la littérature de jeunesse peut être considérée comme significative des valeurs, des conceptions, des savoirs, que les adultes veulent transmettre, ou du moins de ce qui leur semble transmissible par les livres.

Nous avons centré notre recherche sur les albums pour enfants de cinq à onze ans, tranche d’âge qui va de « l’entrée dans l’écrit », amorcée dès la grande section de maternelle, jusqu’à la fin de l’école élémentaire. Le type de morale, de valeurs, de contenus transmis apparaît en partie différent de celui qui peut prévaloir à l’entrée dans la préadolescence, âge qui est de plus en plus marqué symboliquement par l’entrée au collège : les recherches précédentes sur les usages de la littérature de jeunesse indiquent en effet que, pour la tranche d’âge qui nous occupe, le livre n’est pas seulement source de lecture, mais aussi d’échanges. On peut donc supposer que les albums sont aussi écrits en perspective des échanges qu’ils vont permettre et qui constitueront un vecteur potentiel de transmission, explicite ou non. Les modalités de transmission dans les familles culturellement favorisées ont parallèlement évolué vers un modèle à la fois plus libéral, c’est-à-dire apparemment moins autoritaire et hiérarchique, et plus contrôlé dans les faits, si l’on tient compte de l’extension des domaines régulés par les parents. Ainsi, les façons d’accompagner la lecture des livres, de la réguler à distance, d’échanger à son propos, sont probablement empreintes de ces modèles sociaux d’éducation. Il est donc intéressant de voir en quoi les modalités éducatives pénètrent les livres eux-mêmes à la fois dans leur contenu et dans les types d’échanges que leur conception sollicite. Nous traiterons dans cet article aussi bien des contenus véhiculés par les albums qui peuvent faire « école de vie » que des modalités de transmission. Sans être exhaustifs, nous détaillerons les évolutions les plus significatives : le statut même de la transmission et de la relation entre adultes et enfants véhiculés par le livre.

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par Stéphane Bonnery

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