L'”ordinaire” des camps (R. Antelme, P. Levi, Imre Kertész)

Collin Key

Ce qui nous intéresse ici, c’est la façon dont peut se constituer pour les victimes, au sein même du camp, un ordinaire, une vie quotidienne, commune et partagée. Un ordinaire pas ordinaire cependant, qui déstabilise les idées communes que l’on peut s’en faire, qui montre surtout la charge éthique qui peut s’y rattacher et que révèlent les efforts produits pour en préserver quelque chose face à des atteintes d’une violence totale.

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Le sujet politique : (dé)construction et représentations (xxe-xxie siècles)

On sait que la notion de « sujet politique » est intrinsèquement porteuse de tension : en effet, le sujet politique désigne à la fois celui (individu ou groupe) sur lequel s’exerce un pouvoir politique auquel il a plus ou moins consenti, et celui qui se pense et se construit comme un sujet « politique », au sens large de membre d’une communauté donnée et au sens étroit de partie prenante des conflits idéologiques et luttes de pouvoir.

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Figures et figurations du pouvoir politique

Si la réflexion sur le pouvoir est au centre de la philosophie politique, elle constitue également un enjeu fort de la littérature et des arts : et le titre du présent dossier, qui met en avant les « figures et figurations » du pouvoir politique, ne saurait renvoyer à une quelconque opposition entre réflexion et mise en forme. Au contraire, la représentation du pouvoir politique – dans le roman, le théâtre, le cinéma, les arts plastiques – est inséparable d’un questionnement sur l’essence de ce pouvoir, ses modalités pratiques d’affirmation et les conséquences de son déploiement à l’échelle individuelle et collective.

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Entretien avec Antonio Tabucchi

Sylvie Servoise : Petites équivoques sans importance[1], l’un de vos premiers textes, aborde un thème récurrent et fondamental de votre œuvre : les « malentendus, incertitudes, compréhensions tardives […] erreurs stupides et irrémédiables » qui jalonnent notre existence et l’orientent parfois de façon déterminante. Pouvez-vous expliquer la nature de cette « attraction irrésistible » que vous dites éprouver, dans la Note liminaire, à l’égard des « choses décalées » ? Antonio Tabucchi : Je souhaiterais avant tout souligner l’importance

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