Le rôle des excuses dans les processus de réconciliation nationale ou comment promouvoir la confiance des citoyens envers des institutions dignes de confiance

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Comment articuler excuses et réconciliation ? Après avoir établi ce qu’implique la réconciliation et les conceptions qui en découlent, Pablo de Greiff, Directeur de recherches au International Center for Transitional Justice (ICTJ) à New York, nous propose de considérer les excuses comme un moyen de promouvoir la confiance des citoyens envers des institutions dignes de cette confiance. Cet article, traduit de l’américain par Kora Andrieu, est initialement paru dans le dossier “Excuses d’Etat” du n°10 de la revue Raison publique (mai 2009).

Cet article est une tentative de clarification des notions de réconciliation et d’excuses, et de leur relation mutuelle, cherchant à éviter tant l’écueil d’un normativisme naïf qui serait incapable de fournir un critère d’action que celui d’un descriptivisme pur qui reviendrait à soutenir le statu quo1Une version plus courte de cet article a été publiée dans Mark Gibney et al. (dir.), The Age of Apology, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2007. Je tiens à remercier Éric Darko, Roger Duthie, Sarah Proescher et Laetitia Lemaistre pour leur aide dans ma recherche. J’ai présenté une version des deux premières sections de cet article lors d’une conférence de recherche interne à l’International Center for Transitional Justice (ICTJ). Les vues exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles de l’ICTJ.. Je n’ai l’intention ni de rester à un niveau purement spéculatif, ni de m’aventurer à faire des descriptions ou des prédictions. Ce que j’espère cependant, c’est parvenir à formuler un ensemble de causes pour lesquelles nous pourrons raisonnablement espérer qu’en suivant un certain type d’actions, on obtiendra un certain type de conséquences2L’articulation de ces raisons est cruciale si l’on veut pouvoir parvenir à des conclusions effectives. Les raisons n’ont pas besoin d’être causalement déterminées. Il y a en vérité très peu de généralisations empiriques certaines dans le mo