Absence de pensée et responsabilité chez Hannah Arendt. À propos d’Eichmann

En 1961, Hannah Arendt assiste en tant qu’envoyée spéciale du journal The New Yorker au procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem. Il s’agit alors pour elle d’une « obligation due à son passé », une cura posterior, comme le rappelait avec insistance sa biographe1Elisabeth Young-Bruehl, Hannah Arendt (1982), trad. J. Roman et E. Tassin, Paris, Calmann-Lévy, 1999, p. 430.. Elle bouleverse son emploi du temps pour se rendre à Jérusalem et écrit à la

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Quelle république ? Quelles valeurs ?

Démocratie et libéralisme : la vulgate contemporaine Le moins que l’on puisse dire c’est que, dans les société modernes, la démocratie et le libéralisme sont loin de connaître cette harmonie parfaite dont rêvent tous les couples. Pour comprendre en quoi ils diffèrent Friedrich Hayek a proposé un test consistant à examiner leurs contraires. La négation de la démocratie, selon lui, c’est le gouvernement autocratique, l’autoritarisme, le pouvoir d’un seul ou

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L’Iran : de la dé-sécularisation par l’État à la re-sécularisation par la société

’analyse de la révolution iranienne a départagé les chercheurs quant au rôle que la religion a joué, à la fois dans la victoire et l’instauration du nouveau régime, mais également dans l’évolution de la société iranienne. Une des questions souvent débattues dans la littérature académique consiste à étudier le lien entre religion et politique, entre religion et laïcité, religion et sécularisation, voire religion et dé-sécularisation, surtout à partir de la Révolution de 1979 en Iran et le retour des fondamentalismes religieux dans le monde chrétien et juif.

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Notre droit universel de vivre en bonne santé

Alors que nous découvrons chaque jour le nombre toujours croissant de victimes du Covid-19, Gabriele Koehler invite à “instrumentaliser” cette pandémie pour promouvoir les objectifs du développement soutenable : mettre un terme à tous les décès prématurés évitables, qu’ils soient dus à des pandémies aiguës ou à des maladies chroniques, et construire des systèmes de santé équitables pour tous, partout.

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Du terrorisme considéré comme une maladie du langage

Et si ce que nous appelons le terrorisme était une maladie du langage ? Et si l’acte terroriste était aussi, et peut-être tout d’abord, un acte linguistique mais alors : un acte mal maîtrisé et qui révélerait chez le sujet parlant une aphasie d’un genre particulièrement déroutant ? Je donne à la notion d’acte de langage le sens qu’elle a chez Austin dans Quand dire, c’est faire. Le Speech Act a pour but de changer le réel par une prise de parole. J’interviens activement, par le langage, dans les choses du réel. Je parviens effectivement à opérer un changement si mon langage est « heureux ». « Bonheur » (Felicity) et « malheur » (Infelicity) sont en effet les deux critères à l’aune desquels Austin juge l’acte « performatif »[1]. Je prends la parole. Si l’effet produit par celle-ci est désiré par moi, mon langage a été « heureux ». Dans le cas inverse, je suis un locuteur « malheureux ». Austin appelle l’échec qui apparaît à ce moment un « raté » ou Misfire. La métaphore, on le voit, est martiale. Le locuteur-tireur « rate sa cible ». On pourra dire aussi, puisque le réel ne lui obéit pas, qu’il a fait long feu.

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