Martha Nussbaum, Emotions privés, espace public

Professeur à l’Université de Chicago, Martha Nussbaum est l’une des philosophes américaines les plus importantes de sa génération. Elle est l’auteur d’une œuvre de philosophie politique et morale dont l’ampleur et la portée sont tout à fait impressionnantes. Philosophie morale grecque, lien entre littérature et philosophie morale, rôle des émotions dans nos vies morales, formation de l’espace publique démocratique et discussion de la philosophie politique libérale : ce ne sont là que quelques-uns des domaines dans lesquels Martha Nussbaum a apporté une contribution à chaque fois décisive. Un dossier dirigé par Solange Chavel.

Lire la suite...

Droits de l’homme et politique : individualisme étroit ou nouvel universalisme ?

William Murphy

Aujourd’hui – comme Pierre Manent nous le rappelle dans son article – les droits de l’homme semblent avoir acquis une « autorité en quelque sorte exclusive » au sein des sociétés démocratiques. D’où l’importance de réfléchir à la signification de ce concept dans une perspective à la fois théorique et historique.

Lire la suite...

Care, capabilités, catastrophe

Le thème omniprésent de la catastrophe semble, étrangement, remplacer celui du risque dans l’euphémisation de la réalité des situations qu’affrontent aujourd’hui les humains. Là où le risque présentait comme calculable et évitable le désastre humain, tout en niant au fond la réalité des menaces, la catastrophe le présente comme massif et incalculable. Ce dossier entend défendre une vision plus réaliste de la catastrophe, analysant les effets et causes des négligences envers les humains et leur environnement, autrement dit, de la vulnérabilité. Le dossier entend mobiliser, à la suite de Joan Tronto et d’Amartya Sen, des concepts tels que le care ou les capabilités comme alternative aux concepts de risque ou de catastrophe. Un dossier dirigé par Solange Chavel et Sandra Laugier.

Lire la suite...

La fiction politique (XIXe-XXIe siècles)

Que revêt le syntagme « fiction politique » : serait-ce un sous-genre du roman ? une figure d’engagement énonciatif ? une modalité de l’ethos auctorial ? un effet de lecture ? une expression en son fond pléonastique ? voire une pure chimère théorique ? À dire vrai, les mots « fiction » et « politique » ne font pas forcément aussi bon ménage qu’on pourrait le penser a priori, et la question se pose de savoir comment les associer sur le plan lexical (syntagmatique) et sémantique.

Lire la suite...

Le sujet politique : (dé)construction et représentations (xxe-xxie siècles)

On sait que la notion de « sujet politique » est intrinsèquement porteuse de tension : en effet, le sujet politique désigne à la fois celui (individu ou groupe) sur lequel s’exerce un pouvoir politique auquel il a plus ou moins consenti, et celui qui se pense et se construit comme un sujet « politique », au sens large de membre d’une communauté donnée et au sens étroit de partie prenante des conflits idéologiques et luttes de pouvoir.

Lire la suite...

L’État de droit social, ou les droits sociaux en justice

Ce dossier a initialement été publié dans la version papier de Raison Publique (décembre 2011) sous la direction de Diane Roman. Sommaire Louise Gaxie, “Du « droit individualiste » au « droit social », une histoire de la juridicisation du social (1789-1939)” Sophie Grosbon, “L’Instrumentalisation des débats en droit international autour de la particularité des droits sociaux” Marc Pichard, “Les droits sociaux et les catégories de la doctrine privatiste” Isabelle Boucobza, “La justiciabilité des

Lire la suite...

Grammaires de la vulnérabilité

La notion de vulnérabilité a acquis une certaine fortune ces dernières années dans le champ de la réflexion d’abord morale, puis politique, souvent en association avec d’autres notions comme celle de dépendance, de faiblesse ou de fragilité. Elle a d’abord été employée dans une perspective normative : il y aurait une catégorie de « vulnérables ». La notion semble également avoir un sens descriptif, renvoyant alors à l’idée d’une condition humaine à « reconnaître » : nous sommes tous vulnérables, et c’est cette dimension qu’il faut accepter, en rupture avec les différents impératifs ou idéaux moraux qui constituent la morale classique. Cette vulnérabilité est commune au monde animal, qui nous la révèle. Elle semble donc avoir un sens nouveau et expérimental, qui serait étendu au non-humain. La question semble alors se renverser : qu’est-ce que qui n’est pas vulnérable ?

Lire la suite...
1 2