Critiques

13-novembre, panser l’après : une question de genre

Que reste-t-il de la mémoire du 13 novembre 2015 ? Et comment se souvient-on, quelques mois après, de ces événements lorsqu’on les a suivis à plus de 300 kilomètres de la capitale ? Ces questions se posent-elles de la même manière selon qu’on est un homme ou une femme ? Dans La charge mémorielle. Une approche genrée de la mémoire du 13-Novembre (2025), Charlotte Lacoste, Maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine, livre les premiers résultats d’une enquête scientifique nationale pour apporter des réponses aussi précises que nuancées à ces interrogations d’actualité.

Entretiens

« Le nom pour réel est psychose », un entretien avec Jean-Christophe Cavallin

En septembre 2025 est paru le premier roman de Jean-Christophe Cavallin, Kong Junior (Le Seuil), qui a obtenu le Prix du Premier Roman 2025. Il relate les pérégrinations vénitiennes de deux personnages en miroir : Lorenzo Kiesler et Lucio Pavone. Lorenzo pense être le petit-fils de King Kong et pleure le sort de ce grand-père mort sur l’île de Poveglia, dans l’ancien asile de fous ; Lucio pense être amoureux de Lorenzo, son patient en psychiatrie, et promène un paon dans Venise pour se faire un peu d’argent. Le naufrage de Venise, les cendres de King Kong sont autant d’images diffractées du meurtre de la nature. Mais le récit, qui mêle la prose psychanalytique aux grandes visions de la poésie, ne se laisse pas enfermer dans la métaphore et rend caduque, de façon virtuose, toute tentative de démêler la réalité et son fantasme. Il rappelle un peu la Venise de John Ruskin, tant aimée de Proust : « En regardant son reflet dans le mirage de la lagune, on se demande souvent laquelle est la Ville et laquelle est l’Ombre. »

Dossiers

Ecrire et le moi et le monde : perspectives éthiques et politiques du récit de vie

Les articles rassemblés par Clélie Millner et Delphine Louis-Dimitrov dans ce dossier consacré au « récit de soi », abordent de concert les enjeux philosophiques et littéraires de la construction narrative du moi et de son rapport au monde. Ainsi réunis, ils montrent la pertinence d’une question qui lie une forme de configuration narrative, voire plus largement artistique, du sujet et son lien à l’autre, qu’il soit singulier (tout autre) ou à l’aune d’une communauté politique (tous les autres).

Forum de Davos 2026 : Courage, le retour

Face aux menaces et aux provocations de Donald Trump, l’appel lancé à Davos par Gavin Newsom à « tenir bon » invite à rouvrir une question ancienne : celle du courage en politique. De Cicéron à Machiavel, deux conceptions antagonistes de la vertu publique éclairent les dilemmes auxquels sont aujourd’hui confrontés les dirigeants européens — et les peuples appelés à en assumer le prix.

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« Penser depuis la montagne d’ordures », un ouvrage dirigé par Bénédicte Florin, Lucie Taïeb, Raphaëlle Guidée, Claudia Cirelli et Adeline Pierrat

Décharges à la périphérie, poubelles invisibles, circuits de collecte : où vont nos restes ? Ce livre entraîne le lecteur dans des zones de relégation, à la rencontre de celles et ceux qui travaillent ou vivent au contact des déchets. Longtemps tenus à distance, les rebuts imposent aujourd’hui leur force matérielle : ils s’accumulent, résistent, débordent nos catégories, et disent quelque chose de notre monde au temps de l’anthropocène. En

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« Agir et faire agir. Essai sur les fondements du système délégatif », un ouvrage de Matthieu Niango

Et si la « crise de la representation politique » n’était pas une crise passagère, mais le symptôme d’une contradiction profonde entre l’idéal démocratique et la réalité oligarchique de nos institutions ? En posant cette question frontale, Matthieu Niango renverse l’un des diagnostics les plus répétés de notre temps et ouvre une brèche dans nos certitudes politiques. Il en résulte une interrogation décisive : à qui doit réellement appartenir le pouvoir? Pour

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La liberté d’expression en conflits (Raison publique, n°28)

Dirigé par Charles girard, Pierre Auriel et Gwénaële Calvès. La liberté d’expression peut-elle entrer en conflit avec elle-même ?Lorsque des groupes rivaux veulent manifester au même endroit et au même moment, lorsqu’un message diffusé en ligne est supprimé par un réseau social au nom de sa liberté éditoriale, ou lorsqu’un organe de presse se voit contraint de publier un droit de réponse, l’expression des uns se heurte à l’expression des

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Hans Joas et la question des valeurs (Raison publique, n° 27)

Sous la direction de Alexandre Escudier. Dans son essai marquant de 1997, Comment naissent les valeurs, le sociologue allemand Hans Joas s’attaque à la difficile question de l’origine et du rôle des valeurs. En puisant dans la tradition du pragmatisme américain, il récuse la définition de la modernité en tant que processus de sécularisation et soutient que les valeurs (justice, bien, etc.), que nous lèguent l’histoire et la foi, peuvent

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Philosophie des élections (Raison publique n°26)

Dossier dirigé par par Gabriel Gay-Para et Pierre-Étienne Vandamme. Objet privilégié de la science politique, les élections semblent avoir été largement négligées par les philosophes. Pourtant, leur usage dans un cadre qui se veut démocratique soulève un grand nombre de questions philosophiquement intéressantes : sont-elles égalitaires ou inégalitaires ? Peut-on envisager une démocratie sans élections ? Quelles procédures électorales sont préférables ? Comment saisir philosophiquement, et même phénoménologiquement, l’expérience d’élire et d’être élu ? Ou

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« Amitiés d’enfance. Littérature et cinéma (XIXe-XXIe siècles) », ouvrage dirigé par Sylvie Servoise et Delphine Letort

Qu ‘est-ce que l’amitié ? Cette question en soulève mille autres, comme en témoignent la longue tradition philosophique de la philia grecque ou de l’amitia latine et le regain d’intérêt qu’elle suscite depuis une vingtaine d’années dans le champ des sciences humaines et sociales. Participant de cet intérêt renouvelé pour le thème de l’amitié, le présent ouvrage invite plus précisément à porter attention à un certain type d’amitié, les amitiés

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Raison publique lance une campagne de financement

Soutenir Raison publique, pour faire faire vivre le débat public et promouvoir la démocratie. Nous sommes heureux d’annoncer le lancement de la campagne de financement de Raison publique. Cette initiative vise à consolider notre projet éditorial, à renforcer la production et la diffusion d’analyses exigeantes, et à développer de nouveaux formats — notamment audiovisuels — au service du débat démocratique. Dans un contexte marqué par de profondes tensions politiques, sociales

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13-novembre, panser l’après : une question de genre

Que reste-t-il de la mémoire du 13 novembre 2015 ? Et comment se souvient-on, quelques mois après, de ces événements lorsqu’on les a suivis à plus de 300 kilomètres de la capitale ? Ces questions se posent-elles de la même manière selon qu’on est un homme ou une femme ? Dans La charge mémorielle. Une approche genrée de la mémoire du 13-Novembre (2025), Charlotte Lacoste, Maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine, livre les premiers résultats d’une enquête scientifique nationale pour apporter des réponses aussi précises que nuancées à ces interrogations d’actualité.

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« Le nom pour réel est psychose », un entretien avec Jean-Christophe Cavallin

En septembre 2025 est paru le premier roman de Jean-Christophe Cavallin, Kong Junior (Le Seuil), qui a obtenu le Prix du Premier Roman 2025. Il relate les pérégrinations vénitiennes de deux personnages en miroir : Lorenzo Kiesler et Lucio Pavone. Lorenzo pense être le petit-fils de King Kong et pleure le sort de ce grand-père mort sur l’île de Poveglia, dans l’ancien asile de fous ; Lucio pense être amoureux de Lorenzo, son patient en psychiatrie, et promène un paon dans Venise pour se faire un peu d’argent. Le naufrage de Venise, les cendres de King Kong sont autant d’images diffractées du meurtre de la nature. Mais le récit, qui mêle la prose psychanalytique aux grandes visions de la poésie, ne se laisse pas enfermer dans la métaphore et rend caduque, de façon virtuose, toute tentative de démêler la réalité et son fantasme. Il rappelle un peu la Venise de John Ruskin, tant aimée de Proust : « En regardant son reflet dans le mirage de la lagune, on se demande souvent laquelle est la Ville et laquelle est l’Ombre. »

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