Les vulnérables et le géomètre. Sur les usages du concept de vulnérabilité dans les sciences sociales

La manière dont les sciences sociales se sont récemment emparées du concept de vulnérabilité est conditionnée par deux thématiques : celle des « populations vulnérables » d’une part, celle de l’exposition des sociétés contemporaines à des crises écologiques d’autre part. Dans un cas elle est synonyme de répartition inégale des risques, dans l’autre elle fait référence aux effets indésirables de l’activité humaine.

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Grammaires de la vulnérabilité

La notion de vulnérabilité a acquis une certaine fortune ces dernières années dans le champ de la réflexion d’abord morale, puis politique, souvent en association avec d’autres notions comme celle de dépendance, de faiblesse ou de fragilité. Elle a d’abord été employée dans une perspective normative : il y aurait une catégorie de « vulnérables ». La notion semble également avoir un sens descriptif, renvoyant alors à l’idée d’une condition humaine à « reconnaître » : nous sommes tous vulnérables, et c’est cette dimension qu’il faut accepter, en rupture avec les différents impératifs ou idéaux moraux qui constituent la morale classique. Cette vulnérabilité est commune au monde animal, qui nous la révèle. Elle semble donc avoir un sens nouveau et expérimental, qui serait étendu au non-humain. La question semble alors se renverser : qu’est-ce que qui n’est pas vulnérable ?

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Les écuries d’Augias : mythe de la performance et déni de vulnérabilité

Des éthiques du care, on s’attend à ce qu’elles interviennent dans le renouveau de la pensée morale ou dans la réflexion sur le travail du care, sa dévalorisation, ses crises, ses migrations. Dans cet article, je voudrais prolonger sous un aspect sensiblement différent la puissance critique du care du point de vue des évolutions du travail.

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