Satire, fantastique et mythe dans Coeur de chien de Boulgakov : une vision décalée du pouvoir soviétique

Le parcours de Boulgakov comme écrivain est atypique : farouche opposant au régime issu de la Révolution d’Octobre, il est pourtant contraint de rester en Union Soviétique jusqu’à sa mort, malgré les nombreuses lettres insistantes qu’il envoie à Staline en personne, à qui il demande l’autorisation de quitter le territoire. L’auteur est surveillé, ses œuvres sont censurées, puis interdites de publication, il est considéré comme un « garde blanc », et pourtant, il n’est pas éliminé, ni même emprisonné ou déporté. Plus paradoxal encore, Staline le protège en lui attribuant un poste – médiocre – d’assistant metteur en scène au Théâtre d’Art de Moscou. Boulgakov a la vie sauve, mais il est muselé.

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Le Cinéma selon Goebbels, Les films antisémites et l’imaginaire nazi

Plateforme idéologique tout autant qu’économique, le cinéma national socialiste comporte des aspects faisant de lui un cas absolument unique dans son histoire. Dispositif multi-faces d’une santé factice et assourdi par les rengaines hallucinées du nazisme, il n’en demeurait pas moins un modèle de divertissement de masse dont les lumières purent séduire le public étranger.

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Les rois de Shakespeare : des rôles sous contrôle ?

La distance parfois amusée, parfois blasée, avec laquelle nous regardons les cérémonies officielles du pouvoir n’est-elle pas, paradoxalement, une forme d’aveuglement ? Un chef d’état est régulièrement amené à se donner en spectacle. Analyser les ressorts de cette « politique spectacle », ce serait se prémunir contre l’aliénation d’une théâtralité orchestrée avec machiavélisme. Mais n’est-ce pas aussi ignorer le rôle du public en l’enfermant, peut-être trop rapidement, dans le statut d’une victime passive ? Les accidents auxquels une cote de popularité est soumise doit nous rappeler que ce public exige souvent de son chef qu’il joue bien son rôle.

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L’aube le soir ou la nuit de Yasmina Reza, ou comment figurer le politique sans politique ?

Avant, pendant et quelques mois après la sortie de L’aube le soir ou la nuit de Yasmina Reza, les commentateurs ont souligné le paradoxe de ce livre « apolitique » alors qu’il résultait de la mise en forme de carnets traitant d’une campagne électorale (celle des présidentielles de 2007) et d’un homme politique, ministre de l’intérieur à l’époque, devenu, comme on le sait, président de la République.

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Figures et figurations du pouvoir politique

Si la réflexion sur le pouvoir est au centre de la philosophie politique, elle constitue également un enjeu fort de la littérature et des arts : et le titre du présent dossier, qui met en avant les « figures et figurations » du pouvoir politique, ne saurait renvoyer à une quelconque opposition entre réflexion et mise en forme. Au contraire, la représentation du pouvoir politique – dans le roman, le théâtre, le cinéma, les arts plastiques – est inséparable d’un questionnement sur l’essence de ce pouvoir, ses modalités pratiques d’affirmation et les conséquences de son déploiement à l’échelle individuelle et collective.

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Les écuries d’Augias : mythe de la performance et déni de vulnérabilité

Des éthiques du care, on s’attend à ce qu’elles interviennent dans le renouveau de la pensée morale ou dans la réflexion sur le travail du care, sa dévalorisation, ses crises, ses migrations. Dans cet article, je voudrais prolonger sous un aspect sensiblement différent la puissance critique du care du point de vue des évolutions du travail.

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